FranceAgriMer a publié le 20 novembre une étude soulignant le besoin d’optimiser les coûts logistiques dans la filière céréalière. Des réponses collectives semblent s’imposer.
Comment gagner 15 €/t de compétitivité ? Cet objectif du plan de filière céréales, issu des États généraux de 2017, trouve des réponses dans l’Étude sur l’évaluation des coûts de la chaîne logistique diffusée par FranceAgriMer. « Une optimisation est de plus en plus nécessaire, dans un contexte de segmentation croissante et de durcissement des cahiers des charges », soulignent les auteurs chez Ceresco et Systra. Leur inventaire des coûts est de 4,5 €/t en moyenne pour la collecte (hors transport par l’agriculteur et primes d’approche), 10,3 €/t pour le stockage en OS (coop ou négoce), 10,9 €/t pour le stockage à la ferme. Vu l’outil actuel, « vieillissant et souvent amorti », les consultants pointent des besoins de renouvellement, synonyme de hausse des coûts de stockage. Toutefois si les nouvelles demandes du marché peuvent alourdir les charges, elles permettent souvent une meilleure valorisation, et constituent « une opportunité pour mieux planifier la chaîne logistique, par le développement de la contractualisation notamment », d’après eux.
D’insuffisants leviers de baisse des coûts
L’étude projette davantage de facteurs de hausse des coûts que de leviers de réduction. D’autant plus que les activités de collecte des OS semblent peu génératrices de marge et que la séparation vente/conseil en phytos met à mal la péréquation entre activités déficitaires et bénéficiaires. Les auteurs alertent aussi sur un alourdissement des frais de collecte, de stockage mais surtout d’expédition : « Le coût de transport sera significativement augmenté […], notamment pour les modes de transport massifiés qui pourraient perdre un peu plus de compétitivité face au mode routier. »
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Des réponses collectives sont mises en avant. « La situation actuelle pousse les opérateurs à surmonter certains de leurs clivages concurrentiels, conscients qu’une optimisation logistique a plus de chance d’aboutir à des résultats en mutualisant flux et moyens. » Sur le plan interprofessionnel, plusieurs chantiers restent ouverts : communiquer sur l’importance des coûts logistiques dans le prix des produits ; faire du lobbying pour « une redistribution complète de la future fiscalité environnementale » sur le transport massifié. L’étude propose un débat dans le transport sur la remise en état ou abandon des capillaires de fret fluvial et ferroviaire. Par ailleurs, elle tient compte des exigences sur la qualité et la montée en gamme des cahiers de charges, notamment pour les céréales sans insecticides de stockage : « L’intérêt d’une mise en commun au sein de la filière pour factualiser les surcoûts et primes liés à ces nouvelles pratiques semble primordial », notamment pour éviter que l’amont de la filière les supporte sans contrepartie.
La situation pousse à surmonter des clivages concurrentiels