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Céréales : un déficit de variétés adaptées à la bio

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Le Fonds de soutien à l’obtention végétale en céréales à paille (FSOV) a tenu le 23 mars sa 5e

> Rencontre scientifique, occasion de présenter des programmes de recherche. Une table ronde – « Quel apport de la sélection en agriculture biologique pour l’agriculture conventionnelle ? » – a mis en lumière la complémentarité entre les deux systèmes. Autre sujet phare, le manque de variétés adaptées à la bio.

« Il y a un déficit de variétés qui correspondent aux besoins de l’agriculture biologique », a souligné Laurence Fontaine, directrice technique de l’Itab (Institut technique de l’agriculture biologique). Ce manque est tel dans le catalogue français qu’« environ la moitié des variétés cultivées proviennent de l’étranger », notamment d’Autriche et de Suisse.

L’Inra devrait déposer cet automne au CTPS (Centre technique permanent de la sélection) trois nouvelles variétés de blé tendre dans le cadre du protocole d’essais en agriculture bio mis en place en 2010, a indiqué Bernard Rolland, chercheur à l’Inra de Rennes. Elles s’ajouteront aux deux seules variétés estampillées bio du catalogue français, inscrites par l’institut de recherche en 2012. « Pendant six ans, nous n’avons rien proposé au CTPS car les variétés avaient encore des défauts », a indiqué Bernard Rolland. « L’objectif est d’inscrire jusqu’à quatre variétés de blé tendre bio par an. » En moyenne, 35 variétés de blé tendre classiques sont inscrites chaque année au catalogue français.

Pour Philippe Lemaire, directeur de l’entreprise semencière Lemaire-Deffontaines, « le marché bio passe à la vitesse supérieure ». Sa société va déposer au cours de l’année deux variétés dans le protocole bio : « Notre rôle est aussi de mettre au point des variétés pour l’agriculture biologique », a-t-il dit.

Une complémentarité entre bio et conventionnel

« Il y a de vrais points de rencontre entre conventionnel et bio au niveau de la sélection mais aussi au niveau de la recherche », a déclaré Laurence Fontaine. Cela concerne en particulier la capacité de la plante à extraire l’azote du sol.

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Avis partagé par Bernard Rolland : « Des allers-retours entre sélection conventionnelle et bio existent. Cette aptitude à la convergence sera utile à toutes nos agricultures. Notre recherche est, certes, encore un peu exploratoire mais, à moyen terme, elle sera très prometteuse pour l’ensemble de la sélection et pas seulement pour la bio ».

Concernant les problématiques liées au passage entre agriculture conventionnelle et bio, Philippe Collin, agriculteur bio et membre du réseau Farre, a mentionné qu’il lui « manque, à l’heure actuelle, de la complémentarité au niveau des adventices ». Et d’ajouter : « Ce qui est important c’est aussi d’avoir des plantes couvrantes et résistantes aux maladies ».

Jean-Christophe Glaszmann, chercheur au Cirad, a souhaité rappeler que « les équipes de recherche sont actuellement en voie de convergence car la pratique de l’agriculture biologique est en innovation permanente. L’amélioration des plantes doit également être multidisciplinaire ».

« La moitié des variétés cultivées proviennent de l’étranger »

15 nouveaux programmes de recherche

La 5e Rencontre scientifique du FSOV a été l’occasion de présenter 15 nouveaux programmes de recherche, issus de l’appel à projets de 2016. Ils montrent « la volonté de s’ouvrir à toutes les espèces de céréales à paille, concrétisant l’ouverture aux espèces : blé tendre, blé dur, orge, triticale et riz », souligne un communiqué du Gnis (interprofession des semences et plants). Les résultats sont attendus pour 2019.