FranceAgriMer envisage un nouveau scénario d'abondance de l'offre céréalière mondiale pour la campagne 2014-15. La concurrence de l'origine mer Noire reste marquée en ce début de campagne. Résultat, les prix sont sous pression. Bruxelles est sur le point d'activer, pour le maïs, le mécanisme de protection du marché intérieur.
«LE contexte mondial est marqué par l'abondance », a souligné Olivia Le Lamer, chef de l'unité grandes cultures, à la sortie du conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer le 9 juillet. « Mais il n'y a pas de situation pléthorique : en face, la demande est là. » Le scénario de la campagne précédente est donc en passe de se reproduire, d'après elle, avec « des productions de blé et maïs à peu près au même niveau ».
FranceAgriMer a livré ses premières estimations de la récolte à venir. En blé tendre, l'établissement national table sur 36,7 Mt. Un chiffre prudent : « la plupart des opérateurs n'envisagent pas moins de 37 Mt », a-t-il noté. En orges, la récolte est prévue à 11,2 Mt, en hausse de 8 % sur un an. La grosse déception vient du blé dur, dont la production chuterait de plus de 20 %, à 1,4 Mt.
Le blé roumain moins présentSur le plan de la concurrence internationale, l'origine mer Noire sera « bien là », a estimé Olivia Le Lamer, tout en évoquant un « retrait » qui resterait « à la marge ». D'ailleurs, les affaires conclues par la Russie ces dernières semaines le montrent. Encore beaucoup de points d'interrogation sont soulevés concernant l'Ukraine. « La concurrence du maïs ukrainien sera encore présente », a-t-elle indiqué, avec « un bémol sur le rendement et la qualité ». En raison de la crise dans le pays, des doutes persistent sur la nature des semences utilisées, les apports d'engrais et phytos, les moyens de séchage.
Le blé roumain, très présent lors de la dernière campagne, exercerait une moins forte concurrence. FranceAgriMer appuie cette hypothèse sur la base des prévisions du consultant UkrAgroConsult : la production tomberait de 7,7 Mt à 7 Mt et l'export chuterait de 4,5 Mt à 3,2 Mt. « La Roumanie pourrait ne pas être aussi performante sur le marché égyptien », a lancé Olivia Le Lamer. Ce n'est pas l'impression laissée par les trois premiers appels d'offre du Gasc (office public d'achat égyptien) : 60 % des volumes (soit 360 000 t) ont été emportés par la Roumanie.
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FRANCEAGRIMER constate d'« assez bonnes conditions » de maturation des céréales à paille, alors que bon nombre de chantiers de récolte sont interrompus par la pluie.
« Il y a eu du soleil et pas de températures excessives, mise à part dans certaines zones à l'Est », a indiqué Rémi Haquin, président du conseil spécialisé céréales. Si « la majorité des blés ne sont pas mûrs », beaucoup d'orges sont moissonnées.
« C'est plutôt une bonne année pour l'orge d'hiver », a-t-il souligné, en évoquant de « bons calibrages », grâce à une « bonne finition ». Une hétérogénéité est toutefois notée dans certains secteurs, plus particulièrement à l'Est, en proie à la sécheresse. Concernant le maïs grain, de « bons à très bons potentiels » sont notés.
Les prix mondiaux subissent la pression des fortes récoltes à venir. Au point que le droit à l'importation de maïs est en passe d'être rétabli dans l'Union européenne, ce qui n'est plus arrivé depuis quatre ans. Il est calculé par différence entre 155 % du prix de référence et le prix Caf Rotterdam. Ce dernier est descendu à 156,66 euros/t le 30 juin, qu'il faut comparer à 157 euros/t. « On s'approche du déclenchement du droit à l'importation », a signalé Olivia Le Lamer.