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Céréales : vers une prochaine campagne « un peu du même ordre »

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Le scénario de la campagne céréalière 2015-16 devrait se répéter lors de la suivante, a indiqué le 9 mars FranceAgriMer. Avec trop d’offre et pas assez de demande sur le marché mondial, le facteur monétaire revient au premier plan.

« Les infos du marché ne laissent pas entrevoir un changement de dynamique majeur en 2016-17 », a déclaré la chef de l’unité grandes cultures Olivia Le Lamer. « À la fois les bilans de l’USDA et ceux de la Commission européenne dessinent une prochaine campagne céréalière un peu du même ordre. » Et de citer le rapport du département américain de l’Agriculture en février, qui montre des stocks fin 2016-17 au plus haut depuis 29 ans pour le blé, 12 ans pour le maïs.

FranceAgriMer a maintenu ses estimations 2015-16 à 11 Mt pour l’export de blé tendre à l’international. « Le rythme des exportations de blé vers les pays tiers reste en hausse sur an, a-t-elle noté. Mais pas à hauteur de l’augmentation du disponible. » Si les perspectives d’embarquement depuis les ports français semblent favorables à destination du Maroc, touché par la sécheresse, c’est l’inverse pour l’Egypte. « Le débouché égyptien demeure compliqué », a expliqué Olivia Le Lamer. Les autorités sanitaires du pays ont confirmé un durcissement du cahier des charges, avec un taux d’ergot de 0 %, et ce jusqu’au vote d’une nouvelle loi, ont rapporté plusieurs analystes.

Le poids des facteurs externes

Dans un contexte céréalier marqué par « trop d’offre et pas assez de demande (sur le marché mondial), les facteurs externes comme la parité euro/dollar peuvent faire la différence » à l’avenir, a-t-elle ajouté, les prix du pétrole, du fret ayant aussi un rôle. Un scénario qui plaide, selon le président du conseil spécialisé céréales Rémi Haquin, « pour un stock le plus faible possible avant la prochaine moisson ».

Concernant l’orge, FranceAgriMer a augmenté ses chiffres d’export vers les pays tiers à 4,1 Mt en 2015-16, soit +200 000 t par rapport à février. Une révision assez nette, pour la deuxième fois consécutive. Explication d’Olivia Le Lamer : « Cela correspond essentiellement aux besoins accrus du Maroc en céréales, notamment fourragères, en lien avec une sécheresse extrême. Les parcours d’animaux sont grillés, nécessitant un recours accrus aux importations » d’aliments.

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Les embarquements d’orge, depuis les ports français vers les pays tiers, atteignent 3,4 Mt fin février, soit +66 % en glissement annuel. « L’export massif à destination de la Chine s’est tari en novembre, a-t-elle signalé. Un retour aux volumes d’avant 2014-15 intervient. L’Arabie Saoudite, le Maghreb (en particulier le Maroc) prennent le relai de la Chine, seulement en partie. »

« L’intérêt d’un stock le plus faible possible avant la prochaine moisson » (Rémi Haquin)

Des conditions de culture « assez exceptionnelles »

FranceAgriMer a jugé le 9 mars les conditions de culture « assez exceptionnelles » pour les céréales. « En cette sortie d’hiver, la somme des conditions de culture “bonnes” et “très bonnes” est assez exceptionnelle », a souligné le président du conseil spécialisé pour la filière céréalière Rémi Haquin. Céré’Obs, programme de suivi hebdomadaire, situe au 1er mars le blé tendre à 94 % (91 % un an plus tôt), l’orge à 93 % (contre 90 %), le blé dur à 89 % (contre 85 %). 24 jours d’avance, par rapport à 2015, sont constatés en blé dur, 17 jours en orge d’hiver, 16 jours en blé tendre. « L’orge de printemps affiche un retard de dix jours par rapport à l’an dernier, mais reste en avance par rapport à 2014 », a indiqué Bertrand Naturel, chargé du suivi de Céré’Obs. Des semis plus tardifs sont observés en Bourgogne (5 % contre 40 % en 2015) et Centre-Val de Loire (18 % contre 56 %), les autres régions se situant au même niveau d’une année sur l’autre.