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Céréales/climat : un effet sur les rendements de 4 à 13 % depuis un demi-siècle

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Des chercheurs de Stanford ont publié une étude le 5 mai dans la revue PNAS, qui se penche sur les effets du changement climatique sur les conditions de croissance de cinq grandes cultures, sur les 50 dernières années dans le monde. « Nous estimons que les tendances climatiques ont entraîné une baisse des rendements mondiaux actuels du blé, du maïs et de l’orge de 10 %, 4 % et 13 % par rapport à ce qu’ils auraient été autrement », écrivent les chercheurs dans une synthèse. Ainsi, sur la période, « ces pertes ont probablement dépassé les bénéfices des augmentations de CO2 », comme la stimulation de la photosynthèse, « alors que les bénéfices du CO2 ont probablement dépassé les pertes liées au climat pour le soja et le riz ».

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Interrogé par le site de Stanford, l’auteur principal David Lobell rappelle que 5 % de baisse de rendement, « c’est suffisant pour transformer les marchés » : « Nous parlons de quantités de nourriture suffisantes pour des centaines de millions de personnes. » Si les auteurs soulignent l’efficacité des modèles climatiques, ils pointent deux « surprises » : les modèles « surestiment substantiellement la chaleur et l’assèchement expérimentés par les cultures d’été en Amérique du Nord », notamment dans le Midwest américain, et ils « sous-estiment » l’assèchement dans « la plupart des régions tempérées », comme l’Europe et la Chine. Les chercheurs jugent important de comprendre ces décalages pour prévoir les impacts, mais aussi pour concevoir les adaptations. « Les efforts déployés par le passé », résume Stanford, « pour prolonger les périodes de végétation grâce à des variétés de cultures à maturation plus longue, par exemple, ont peut-être manqué leur but parce que les modèles ne tenaient pas pleinement compte des tendances à l’assèchement qui menacent aujourd’hui ces mêmes stratégies ».

Bien qu’efficaces, les modèles climatiques « surestiment » ou « sous-estiment » des phénomènes