L'union de commercialisation Cérévia étudie un rapprochement plus poussé des sept groupes coopératifs qui la composent. A son actif, une gestion efficace de la difficile récolte 2014. Ces deux sujets ont constitué les temps forts de l'AG du 13 novembre, qui a par ailleurs rendu hommage au directeur général en partance, Robert Bilbot.
«F AUT-IL aller plus loin dans la mutualisation, partager d'autres métiers ? », s'est interrogé le président Didier Laurency, en assemblée générale à Dijon (Côte-d'Or). « Une réflexion est menée sur l'évolution structurelle de Cérévia », a-t-il annoncé, en promettant « une germination au printemps ». Les difficultés liées à la mauvaise récolte 2014 semblent accélérer ce dossier, ouvert depuis un an. « Je suis inquiet de la situation économique très difficile pour les exploitations, avec des aléas à répétition, des contraintes environnementales qui s'accumulent, des soutiens de la Pac en baisse. »
Cérévia, née en 2008, rassemble sept groupes coopératifs de Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes, avec en tête Dijon Céréales. Son potentiel de commercialisation est chiffré à 3,5 Mt de grains.
« Il faut faire une seule coopérative, se regrouper avec Axéréal », a lancé le Pierre Guez, DG de Dijon Céréales. L'objectif doit être, selon lui, de « 10 Mt de grains, avec un volet agro-industriel costaud, des filières ».
Le DG de Cérévia Robert Bilbot, mis à l'honneur avant son départ en retraite, a livré le même discours. « Cérévia ne constitue pas une fin en soi », a-t-il déclaré. Le partenariat engagé fin 2013 dans Sercomex, avec Axéréal et Granit Négoce, doit à ses yeux servir d'amorce. Par ce biais, l'union vend quelque 250 000 t de grains à destination de l'Italie du Nord et de la Suisse. « On se ressemble avec Axéréal, par la localisation en zones intermédiaires, loin des ports, avec les mêmes problématiques », a-t-il ajouté.
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Les sept groupes coopératifs de Cérévia mettent en commun la vente de grains et forment aussi une union d'approvisionnement, baptisée Area. « Reste la collecte à organiser, des équipements à rénover, plus d'autres domaines à traiter comme l'informatique, les ressources humaines, la technique, soit le cœur du métier de coopérative, a confié Robert Bilbot à Agra Presse. Avec Axéréal, on peut voir ensemble la transversalité : gestion de silos portuaires, logistique, mise en commun de la technique – la qualité, la génétique nécessitent de lourds investissements - , gestion des risques de marché. »
« On s'en est pas trop mal tiré » avec la moisson 2014Le successeur de Robert Bilbot début 2015, Laurent Vittoz, est lui revenu sur son « baptême du feu » avec la dernière récolte. « On s'en est pas trop mal tiré », a-t-il estimé en parlant d'une « qualité moyenne », un euphémisme au vu des difficultés notamment en blé. « Il a fallu reconstruire des débouchés, réorganiser la logistique ».
Trader chez InVivo, Camille Gobin, a loué « la transparence, la rapidité » de l'union de commercialisation. « Les équipes de Cérévia ont été les premières dans nos bureaux, début août, pour renégocier la qualité contractuelle, a-t-il souligné. De gros dégagements de blé fourrager ont été réalisés. Ça s'est plutôt bien passé, grâce à leur franchise, parce que rapidement ç'a été cartes sur table. »
Autre satisfecit, celui émis par des intervenants du marché intérieur. « 2014 a été une année atypique et heureusement Cérévia a joué le jeu », a insisté Joseph Nicot, président de l'Association nationale de la meunerie française. « Des contrats ont été décoincés par rapport aux 220 secondes de temps de chute minimum, d'autres à l'export ont été revendus. C'était une année test, qui a été bien négociée. La meunerie locale peut s'en féliciter.