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Cerise : clause de sauvegarde sur le phosmet

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Le gouvernement vient d’interdire l’importation de cerises en provenance de pays où les arboriculteurs peuvent utiliser du phosmet – récemment interdit en UE. Il a également présenté un plan de soutien à la filière.

Après le diméthoate, le phosmet. Comme elle le fit en 2016 pour cet autre insecticide destiné à lutter contre Drosophila Suzukii, la France a mis en place une interdiction d’importer des cerises traitées au phosmet, selon un arrêté daté du 16 mars, publié le 25 mars au journal Officiel. Plus précisément, le gouvernement interdit l’importation de cerises « provenant de pays où le phosmet est autorisé pour cette production », à l’exception des produits de l’agriculture biologique. Il doit prochainement préciser la liste de ces pays.

À l’instar du diméthoate, le phosmet a été récemment interdit en France et en Europe. La Commission européenne avait refusé début 2022 de renouveler l’homologation de cette molécule, utilisée pour lutter contre la Drosophila suzukii, un minuscule moucheron invasif, arrivé en France il y a une dizaine d’années. Elle invoquait des risques pour les opérateurs, passants, résidents, les consommateurs et la faune.

Plan d’accompagnement

L’interdiction de l’usage de cette molécule a suscité de vives inquiétudes parmi les arboriculteurs de l’Hexagone, dont certains ont manifesté en janvier, notamment en Ardèche, dans le Vaucluse, le Gard et le Rhône, craignant une baisse drastique de leur récolte. Selon les arboriculteurs, le phosmet (connu sous le nom commercial Imidan) est le seul traitement permettant d’agir efficacement contre Drosophila Suzukii depuis l’interdiction de l’insecticide diméthoate en 2016. Les produits encore autorisés (Success 4, Exirel, Karate Zeon, notamment) auraient une moindre efficacité.

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Pour l’heure, le gouvernement a annoncé, dans son communiqué le 29 mars, qu’il « étudiait la faisabilité d’un accompagnement financier exceptionnel » pour les pertes 2023. Il a également « accordé les quatre demandes de dérogations portées par la filière, dès lors qu’elles ne comportent pas de risques avérés pour la santé humaine ». La liste des produits n’a pas été précisée. Enfin, le ministère annonce l’élaboration d’un « plan d’action pluriannuel, en étroite concertation avec les principaux acteurs de la filière cerises et de la recherche agronomique ».

Les alternatives au phosmet étaient récemment revenues sur le devant de la scène lors des débats autour de la coordination entre les travaux de l’Anses et de l’Inrae. Pour les cerises, « il y a une solution alternative appelée insectes stériles… dont le dossier a été déposé il y a déjà trois ans », avait regretté Marc Fesneau, peu avant le Salon de l’agriculture. Le ministre de l’Agriculture avait réuni quelques jours plus tôt l’Anses, l’Inrae et les instituts techniques à ce sujet.

« Il y a une solution alternative appelée insectes stériles », pas encore autorisée