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Développement rural Cervia : multiplier les produits sous marque alimentaire francilienne

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Le Centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire d’Île-de-France (Cervia) compte multiplier par deux le nombre de produits sous marque alimentaire francilienne, qui a un an d’existence. L’objectif, à travers une notoriété alimentaire francilienne solide, est de permettre à l’agriculture de justifier le maintien des terres face à l’urbanisation qui la grignote.

La marque francilienne « Saveurs Paris Île-de-France  », constituée le 17 février 2011, rassemble 250 produits (brie de Melun, bière du Vexin, volaille de Houdan, cresson de l’Essonne, etc.). Le Cervia vise 500 produits ainsi agréés sous cette marque, a indiqué sa directrice, Danielle Meyrueix, quelques jours avant ce premier anniversaire.
Pour pouvoir porter la marque, les produits doivent être agréés par un jury de dégustation et doivent provenir d’entreprises (producteurs, industries ou artisans de transformation, comme les boulangers ou les affineurs-fromagers) labellisées « talents d’Île-de-France ». Pour obtenir ce label, ces entreprises s’engagent à respecter trois critères. Le premier, économique : faire ressortir le patrimoine régional. Le second, environnemental : maintenir les espaces agricoles. Le troisième, social : innover (mettre au point de nouvelles spécialités) et créer des emplois.
Parallèlement, les « talents d’Île-de-France », qui sont environ 80, devraient passer à 160, escompte Danielle Meyrueix.

Une agriculture souvent invisible

L’agriculture d’Île-de-France a l’atout de la proximité d’un bassin de consommation très dense. Elle dispose en outre de 583 000 hectares de surface agricole utile, qui représentent 48% de la surface totale de la région. La forêt quant à elle couvre 25% de la surface de la région. Mais malgré cet atout, elle approvisionne peu le marché de la région parisienne, ou si elle le fait, c’est de façon invisible, explique la directrice du Cervia. Les bassins de production qui alimentent l’Île-de-France sont la Bretagne, la Normandie, la Bourgogne, le Limousin, la région Rhône-Alpes, etc. Les céréales franciliennes sont exportées vers le marché mondial, et si une partie du blé fournit les moulins et ainsi, via la farine, les boulangeries parisiennes, le consommateur ne le sait pas.

Retrouver l’identité des producteurs

Mais les consommateurs franciliens veulent savoir comment trouver les produits locaux, a montré une étude réalisée en 2008, citée par Danielle Meyrueix. Le Cervia a alors constitué un groupe de travail sur cette problématique en 2009 et 2010, préludant à la création de la marque. « Nous avons été également poussés par la base, c’est-à-dire par les agriculteurs », pour créer la marque, a-t-elle précisé.
Le Cervia mise sur sa marque pour que le consommateur retrouve la trace des produits en remontant jusqu’au producteur. Car jusque là il existait certes des éleveurs laitiers produisant pour la fabrication de brie de Meaux et de Melun – les deux seules appellations d’origine protégées d’Île-de-France –, mais une fois le fromage vendu à l’affineur, son origine précise n’est plus identifiée. La marque permet d’identifier le producteur. « Nous voulons attirer les producteurs qui font du volume », a ajouté la dirigeante du Cervia.

Structurer les producteurs

L’organisme souhaite faciliter la structuration des producteurs. En dehors des coopératives céréalières, les producteurs ne sont pas organisés, une partie d’entre eux vendant en direct. « Il faut qu’ils se regroupent pour transformer leurs produits ».
Le Cervia, qui par ailleurs a fêté ses cinq ans le 13 février, met en avant ces actions qui ont un sens politique au-delà de la promotion des produits. Il s’agit, à travers une notoriété francilienne bien assise, de structurer le monde agricole francilien, pour qu’il puisse justifier le maintien des terres agricoles. « La céréaliculture a sauvé l’agriculture d’Île-de-France, y compris les fruits et légumes, grâce à sa solidité professionnelle. Les terres céréalières sont celles qui résistent le mieux face au grignotage », a résumé la directrice du Cervia.

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