La Coordination rurale espère présenter, pour la première fois, une liste dans chaque département, et « progresser » dans les urnes, lors des prochaines élections aux chambres d’agriculture de 2025.
À l’occasion de ses vœux à la presse le 17 janvier, la Coordination rurale a évoqué ses objectifs en vue des élections professionnelles dans les chambres d’agriculture en juin 2025. « Nous allons progresser, nous y croyons », prédit le secrétaire général Christian Convers. « Les élections sont l’occasion de faire un bilan. Le mal-être des agriculteurs est là, les installations ne sont pas au rendez-vous, les retraites ont toujours un niveau trop faible. Nous sommes une alternative, et nous avons des chambres départementales exemplaires », estime la présidente Véronique Le Floc’h. « Si les agriculteurs trouvent que tout va bien, qu’ils restent avec les mêmes élus », a embrayé Christian Convers.
La Coordination rurale est le dernier-né des syndicats agricoles, en 1994 à la suite d’un mouvement apparu en 1992. Comme la Confédération paysanne, son score est relativement stable depuis trois scrutins, autour de 20 % des voix. Il était, jusqu’à il y a quelques années, en phase d’expansion géographique. En 2007, la progression rapide de la CR s’était « essentiellement expliquée par le fait que cette organisation a été capable de présenter 80 listes départementales homogènes, contre 53 en 2001, soit une augmentation de moitié », expliquait le chercheur Serge Cordellier dans nos colonnes en 2019. Lors du dernier scrutin, elle manquait encore à l’appel dans deux départements. Elle espère être dans les urnes partout en France cette année, confie Véronique Le Floc’h.
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Débat sur les règles du scrutin
La Coordination rurale a rappelé, le 17 janvier, son opposition au projet de réforme du financement des syndicats et des seuils de représentativité au sein des chambres d’agriculture. La proposition du cabinet du ministre de l’Agriculture est d’améliorer le financement public du vainqueur – aujourd’hui la liste FNSEA/JA dans la plupart des cas –, en échange d’un abaissement de seuils de représentativité des organisations pouvant siéger dans les chambres (5 % au lieu de 10 %), favorable aux syndicats minoritaires.
Cette proposition, que le cabinet présente comme un bloc « équilibré » et indissociable, ne convient pas à la Coordination rurale – qui plaide de longue date pour un scrutin à la proportionnelle (il donne aujourd’hui la moitié des sièges au vainqueur). « Au pire, nous préférons le statu quo », a déclaré son secrétaire général Christian Convers. Selon sa présidente Véronique Le Floc’h, interrogée mi-novembre, les nouvelles règles pourraient faire perdre « entre 300 000 et 500 000 euros » à la structure nationale – dont la quasi-totalité du budget de 3,2 M€ provient des financements publics.