La conserverie Chancerelle vient de réaliser une jolie performance sur le marché du poisson en boîtes, en progressant de 8 % en 2006. Mais la concurrence fait rage.
La conserverie de poissons Chancerelle, à Douarnenez (Finistère), plus connue pour sa marque Connétable a réussi à augmenter ses ventes de 8 % en consolidé à 50 millions d’euros en 2006, a indiqué récemment son directeur général Edouard Paulet, co-gérant de l’entreprise familiale avec ses deux beaux-frères.
« Les développements viennent surtout de la sardine, notre fondamental », explique celui qui règne également sur les aspects commerciaux de l’entreprise créée en 1853. Bien que Chancerelle a réalisé autant son activité en sardine qu’en thon (40 % du CA chacun, le reste en maquereau et divers), le poisson bleu est historiquement constitutif de son image de marque.
C’est sur ce segment de marché que la conserverie dispose d’une vraie aura nationale. Sa marque Connétable est leader en sardine entière (à l’ancienne) à l’huile d’olive (38 % de parts de marché) et la conserverie, très proche des enseignes pour livrer leurs marques de distributeurs (20 % du CA consolidé) a su se faire un partenaire précieux pour les filets de sardines. Ce sont des fabrications réalisées à Douarnenez (35 millions de boîtes environ), dans les deux usines que Chancerelle possède et qui emploient au total 325 personnes.
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Du négoce, en complément
Mais Chancerelle fait également du négoce. Une quasi-obligation pour un industriel français qui vise tous les segments du marché du poisson. Depuis le tout début des années 2000, la vieille conserverie bretonne détient le tiers du capital de l’industriel Belma au Maroc où il fabrique de grandes séries de sardines entières pour les MDD, certaines séries sous sa propre marque ou la seconde estampille de la maison, les « Savoureuses ». 25 millions de boîtes vendues en France ou exportées par Chancerelle viennent de là-bas. Ce qui représente tout de même 40 % du CA consolidé.
Malgré cela la conserverie, désormais simple PME sur un marché de géants Chancerelle affirme détenir 6 % du marché du poisson en boîte. Loin derrière Saupiquet (18 %) et surtout Petit Navire-Parmentier (29 %), selon Edouard Paulet. –Lehman Brothers a repris l’industrie et le fonds de commerce « Petit Navire » à Heinz et Saupiquet –, voit ses positions désormais attaquées. Parmentier (groupe Petit Navire) sort une gamme de sardines prémium. Ce à quoi Chancerelle répond en sortant notamment une gamme « Héritage Connétable » à partir de l’ensemble de ses meilleurs produits, présentés sous étui cartonné.
Autre argument (commercial) que Chancerelle brandit cette année : un budget TV. Le film est en cours de réalisation pour présenter la marque, absente des écrans depuis trois ans. Surtout Edouard Paulet évoque explicitement la possibilité pour Chancerelle de réaliser une opération de croissance externe. La société est financièrement saine, assure-t-il.