L’affaire des subventions à l’export pour la volaille pourrait représenter un bon enseignement à l’heure de la mise en place de la future Pac en France. Qu’est-ce qu’on y constate ? Que, manifestement, la Commission européenne s’est empressée de supprimer un outil devenu un moyen de gestion habituel, un peu trop habituel, pour les exportateurs français de poulets congelés. Les fonctionnaires de Bruxelles ont anticipé une remise en cause qui aurait très bieen pu se faire en 2014. Manifestement, ils ne s’embarrassent plus des problèmes franco-français à résoudre. Ce qui se passe pour le poulet pourrait se passer ailleurs. Bruxelles ne fait plus de cadeau aux Français, n’a plus de ces souplesses arrachées naguère de haute lutte par des ministres ou des présidents français.
Deuxième enseignement, les industriels du poulet export n’ont pas fait preuve de beaucoup d’anticipation et se sont contentés longtemps d’un système qu’ils croyaient devoir durer. La suppression des subventions à l’exportation, on pouvait s’en douter dès la réunion de l’OMC à Hong Kong, en 2005. Même si cette suppression était conditionnée à un accord global à l’OMC qui n’a pas abouti.
Tout ce qui ralentit l’adaptation finit toujours par poser un problème. À ce titre, les aides Pac doivent constituer une incitation à évoluer plutôt qu’une prime à ne pas changer. On aurait pu imaginer une conditionnalité économique, et non seulement écologique: « On vous aide si vous faites des efforts de compétitivité ». Et quand on dit compétitivité, cela ne signifie pas seulement le bas prix pour aller exporter vers les pays lointains à coup d’emplois supprimés. Cela signifie aussi adapter ses produits pour les marchés locaux, les circuits courts, voire la demande écologique. Le GIEE de la future loi d’avenir agricole pourrait s’inspirer d’un tel principe.
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