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Chanvre CBD : la filière demande une hausse et une harmonisation du taux légal de THC

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L’Association AFPC (producteurs de cannabinoïdes) plaide pour une augmentation du taux maximal légal de THC en France (ou delta-9-tétrahydrocannabinol, psychotrope à certaines doses) dans le chanvre CBD, à 1 % contre 0,3 % actuellement. Cela pour répondre à un « double problème agronomique et économique », explique Hugo Bessenay Prolonge, responsable des affaires publiques de cette association qui compte « environ 350 exploitations agricoles », sur des surfaces de « 1 hectare en moyenne ». Problème économique : « Les taux de CBD et THC sont corrélés jusqu’à 2 % », ainsi l’augmentation du THC augmenterait « la qualité du produit ». L’idée est de permettre aux producteurs français de jouer à armes égales avec les étrangers qui autorisent des taux plus élevés, « comme la République tchèque, la Suisse ou le Maroc, à 1 % ». L’Italie est à 0,6 % mais a décidé d’interdire le CBD naturel. Problème agronomique : il est difficile de maintenir un taux de 0,3 % pendant la croissance, « surtout si la plante est soumise à des stress environnementaux comme la chaleur », un enjeu à l’heure du réchauffement climatique, même si « les chanvriers ont des techniques pour faire ensuite baisser ce taux, comme le manucurage des fleurs ou la macération ».

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Pour Ludovic Rachou, président de l’Uivec (industriels de la valorisation des extraits de chanvre), cet enjeu de dépassement serait sans fin et se décalerait avec le seuil, quel qu’il soit. Le lobbying de l’AFPC a en tout cas contribué à pousser le député Philippe Fait (Ensemble, Pas-de-Calais) à proposer un taux de THC de 1 % dans une question à la ministre de l’Agriculture, publiée 29 avril au JO. « Cela met le sujet dans le débat public », selon Ludovic Rachou, qui mise cependant sur un lobbying sur la prochaine PAC post-2027 pour des effets concrets : « Nous plaiderons pour une harmonisation des taux – à la hausse, car plus les taux sont élevés, plus l’extraction est rentable. »

Un taux plus élevé améliorerait la compétitivité des producteurs français, selon la filière