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Chanvre : le groupe écologiste au Sénat veut accélérer la relance

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À l’occasion d’un débat parlementaire sur le chanvre, le sénateur Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) a proposé quatre mesures « pour rattraper notre retard sur nos voisins européens ».

Quelques semaines après la publication de l’arrêté du 31 décembre qui a autorisé la récolte de la fleur et de la feuille de chanvre, le groupe Écologiste - Solidarité et territoires a demandé un débat au Sénat sur le thème : « Quelle réglementation pour les produits issus du chanvre ? » Daniel Salmon a conclu ce débat, le 3 février, en proposant à Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, quatre mesures pour accélérer la relance de la production.

L’élu suggère d’abord d’assurer un accompagnement financier aux agriculteurs qui lancent un projet de chanvrière. Il demande ensuite que soit aménagé un débouché à la protéine de chanvre, en l’intégrant dans le plan protéines du gouvernement aux côtés des légumineuses. Autre mesure proposée : édicter des normes précises de construction permettant d’utiliser le béton de chanvre dans le bâtiment. Enfin, le sénateur Salmon souhaite consacrer un budget spécifique au chanvre textile, considéré comme un des outils de réindustrialisation de la France, « face au chanvre chinois, non écologique, qui pourrait envahir le marché au détriment de la production française ».

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Impatience des parlementaires

Ce débat a été demandé par le groupe écologiste parce que l’arrêté du 31 décembre autorise certes la récolte de la fleur et de la feuille de chanvre, mais uniquement sous sa forme industrielle (dérivés cannabinoïdes du chanvre, non stupéfiants). Cette restriction a provoqué l’ire des milliers de boutiques, qui vendent fleurs et feuilles à fumer ou sous forme de tisanes relaxantes, et d’agriculteurs qui sont impatients de cultiver du chanvre pour se diversifier. Le Conseil d’État leur a donné raison à titre provisoire. L’impatience monte également chez les industriels qui produisent les produits dérivés. Certes autorisés, ils doivent encore faire l’objet d’éclaircissement des pouvoirs publics autour de l’encadrement de leur production.

Avant cette série de propositions du député Salmon, des sénateurs de tous bords se sont étonnés que l’importation soit jusqu’ici privilégiée par rapport à la production locale. « Notre pays déplore le déficit de sa balance commerciale, et quand elle dispose d’une dynamique positive, il semble que vous la mettez en difficulté. D’autres pays saisissent cette opportunité », a notamment lancé Gilbert-Luc Devinaz (PS, Rhône) à Brigitte Bourguignon. De son côté, Laurence Muller-Bronn (LR, Bas-Rhin), a pris la parole pour prévenir que si la France ne peut pas produire comme ses voisins européens des dérivés de la fleur et de la feuille de chanvre, elle ne pourra pas s’opposer à l’importation.

L’importation au détriment de la production locale