La France vient de transmettre à la Commission son projet d’arrêté tant attendu par la filière du chanvre, autorisant la récolte des fleurs et feuilles et ne la réservant donc plus uniquement aux fibres et aux graines. Il divise les professionnels au sein de la filière.
Les autorités françaises viennent de terminer leur copie de projet d’arrêté qui autorise la récolte des fleurs et feuilles, et l’ont transmise à la Commission européenne pour validation, ont indiqué le 21 juillet plusieurs sources professionnelles. Cette nouvelle réglementation prévoit l’extension de l’autorisation de la culture, de l’importation, de l’exportation et de l’utilisation industrielle et commerciale de certaines variétés de chanvre « à toutes les parties de la plante », rapporte l’Union des industriels de la valorisation des extraits de chanvre (Uivec). L’autorisation était réservée jusque-là aux fibres et aux graines. De plus, « seuls des agriculteurs actifs au sens de la réglementation européenne et nationale en vigueur » pourront cultiver des fleurs et des feuilles de chanvre, spécifie le texte, qu’a pu consulter Agra Presse.
Enfin, les fleurs et les feuilles de chanvre pourront être récoltées, importées ou utilisées « pour la production industrielle d’extraits de chanvre ». Ainsi, « du cannabidiol (CBD), mais aussi d’autres extraits de chanvre non stupéfiants (CBG, CBC, etc.) pourront être fabriqués en France : une attente forte de la filière, qui voit donc l’ouverture de nouveaux marchés se profiler », se réjouit l’Uivec.
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Colère des CBD shops
Mais l’utilisation des fleurs et des feuilles à l’état brut n’est prévue que pour la production industrielle d’extraits de chanvre, donc pas sous forme de fleurs ou de feuilles brutes (comme produits à fumer, tisanes ou pots-pourris). Cette restriction, si elle était confirmée par Bruxelles, « priverait la filière du chanvre de perspectives de développement exponentielles indispensables à la relance verte », s’insurge l’Union des professionnels du CBD, nouvellement créée, qui rassemble les CBD shop, les buralistes et des importateurs prêts à produire en France. Cette organisation « dénonce la volonté d’étouffement de la filière par les autorités françaises ». Charles Morel, son président, estime qu’une libéralisation de la fleur et de la feuille brutes entrainerait une forte augmentation du nombre d’hectares consacrés au chanvre.
Pour l’Union des industriels de la valorisation des extraits de chanvre (Uivec), cet arrêté est au contraire « une excellente nouvelle pour la filière française des extraits de chanvre, qui va désormais pouvoir se structurer ». L’Uivec estime qu’il ne sera pas nécessaire de cultiver des hectares supplémentaires de chanvre : le CBD pourra être extrait comme co-produit de la fibre et de la graine à partir des 20 000 ha de chanvre actuels.