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Brexit Chaos et incertitudes dans les IAA britanniques

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Alors que les Britanniques ont voté pour une sortie de l'Union européenne le 23 juin, les professionnels de l'agroalimentaire craignent pour l'avenir de leur filière. Ils s'apprêtent à faire face à une période de chaos sans précédent. Trois scénarios sont envisageables.

D'après un sondage réalisé avant le réferendum du 23 juin, les professionnels britanniques de l'agroalimentaire étaient 71 % à voter en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, et seulement 12 % à voter pour sa sortie. Ils sont aujourd'hui les grands perdants de ce réferendum. En effet, le marché européen représente le premier marché à l'exportation pour l'agroalimentaire britannique. Alors que les exportations ont doublé ces dix dernières années, atteignant 18 Mrd£ (21,65 Mrd€), le Brexit peut y mettre un coup d'arrêt net. Pourtant, Owen Paterson, ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire britannique estime dans les colonnes de Food Manufacture que le Brexit est « une opportunité pour développer l'export dans l'agroalimentaire rapidement », seulement si les accords commerciaux sont bien négociés. Par ailleurs, il juge que le Brexit doit permettre « un meilleur soutien du gouvernement aux producteurs britanniques ». Mais il faut le reconnaître, les éléments en faveur du Brexit sont peu nombreux à apparaître dans la presse professionnelle britannique. Beaucoup, comme Just Food notamment, estiment qu'il y a trop de variables pour permettre de réaliser de vraies prédictions sur l'avenir de la filière agroalimentaire britannique à l'heure actuelle.

TROIS SCÉNARIOS, DU MEILLEUR AU PIRE

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Just Food met en lumière trois scénarios, du meilleur pour l'avenir de la Grande-Bretagne, au plus sombre. Le premier, c'est celui de faire du Royaume-Uni un membre de l'Espace économique européen (EEE), au même titre que la Norvège. Ce pays bénéficie en effet des meilleurs accords commerciaux possible avec l'Union européenne, même si l'agroalimentaire et l'agriculture n'en font pas partie. La Norvège jouit de tarifs d'importation sur l'agroalimentaire et la pêche, mais est sujette aux quotas et subit des problématiques d'anti-dumping. Second scénario, c'est l'exemple de la Suisse, qui est membre de l'Association européenne de libre-échange (AELE). Les accords entre la confédération helvétique et l'UE prévoient notamment des tarifs d'importation sur l'agriculture et la pêche mais au cas par cas, dépendant des négociations. Enfin, le pire scénario pour le Royaume-Uni reviendrait à ne signer aucun accord com-mercial avec l'Union Européenne. Un scénario qui ferait grimper aussitôt de 3 à 3,5 % les prix des produits juste pour les faire rentrer sur le territoire britannique. Désormais, la balle est dans le camp des deux gouvernances politiques. Pour autant, il semble difficile de penser que des accords commerciaux très favorables au Royaume-Uni soient trouvés, estiment des experts. Cela aurait en effet pour effet de tenter d'autres pays de quitter l'UE, et de bénéficier de bons accords à la carte sans être membre. Un mauvais message à faire passer.

Une main d'oeuvre sur le départ ?

Un quart de la main d'oeuvre travaillant dans l'industrie agroalimentaire britannique est originaire d'Europe de l'Est, rapporte The Guardian. Soit 130 000 des 450 000 salariés qu'emploie l'IAA au sein de 6620 entreprises membres de la Food and Drink Federation. Ces salariés se trouvent aussi bien dans des grands groupes comme Britvic, Mc Vitie's ou Mr Kipling que dans des PME sur l'ensemble du territoire britannique. « Placés de force dans une situation d'incertitude la plus totale, avec une remise en question de leurs droits, certains d'entre eux vont faire le choix de rentrer chez eux », d'après Ian Wright, directeur général de Food and Drink Federation, interrogé par The Guardian.