Abonné

CONJONCTURE/CHARCUTERIE Charcuterie : le marché intérieur marque le pas

- - 3 min

Si la situation financière des entreprises de charcuterie-salaison s'est améliorée en 2014, un certain nombre d'indicateurs demeurent source d'inquiétude. Alors que la balance commerciale reste mal orientée, la consommation domestique semble marquer le pas.

LA consommation de charcuterie à domicile, qui a connu une croissance régulière ces dix dernières années (+ 1,5 % en valeur et + 3 % en valeur en moyenne par an) a marqué le pas en 2014, avec une croissance de seulement 0,4 % en volume et 1,4 % en valeur, a indiqué la Fict (1) lors de son point presse annuel le 9 juin. Sur les quatre premiers mois de l'année 2015, la consommation à domicile a même diminué de 1,9 % en volume. Notons que ce chiffre ne comprend pas la consommation hors domicile, très dynamique en 2014, avec des volumes en hausse de 5,1 %. « C'est un peu inquiétant, d'autant que l'année dernière nous avions des motifs de satisfaction, comme la progression des marques de fabricant, ou du e-commerce », a commenté Robert Volut, président de la Fict.

DES RÉSULTATS EN PROGRESSION MAIS INSUFFISANTS

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Parmi les motifs de satisfaction, l'amélioration de la situation économique de l'industrie française de la charcuterie durant l'année 2014, après une reprise amorcée en 2013. Ce regain de rentabilité provient de l'effet conjugué de la baisse du prix des pièces de porc, et du Crédit impôts compétitivité emploi (CICE), a expliqué Robert Volut. Les industriels illustrent ce rebond par l'évolution de l'emploi dans le secteur : après avoir perdu 3 800 emplois ces cinq dernières années, l'industrie de la charcuterie a terminé l'année 2014 sur un solde positif. Pour autant, « les résultats financiers des entreprises de charcuterie-salaison restent insuffisants » pour « investir, innover ou encore exporter », estime la Fict. De fait, la balance commerciale reste mal orientée. Si les ventes de produits français sur le territoire ont augmenté de 1 % à 977 000 tonnes, les exportations de produits made in France ont reculé de 4,1 %, à 74 000 tonnes. Dans le même temps, la consommation de produits importés a augmenté de 4,8 %, à 150 000 tonnes. Sur les dix dernières années, les exportations françaises ont baissé de 14,3 % en volume, tandis que les exportations allemande, italienne et espagnole étaient respectivement multipliées par 2,1, 1,8 et 2,4. Un repli durable de la consommation domestique serait donc dramatique pour un secteur qui reste très fragile. En 2013, près d'un tiers des entreprises avaient un exercice déficitaire (source Banque de France via la Fict).

(1) Fédération de l'industrie de la charcuterie et des traiteurs