Le gouvernement renonce finalement à la mise en place d’un chèque alimentaire à l’échelle nationale, mesure promise à plusieurs reprises par Emmanuel Macron.
Interrogé dimanche 7 janvier sur France 3 dans l’émission Dimanche en politique, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est positionné contre l’idée des chèques alimentaires : « Je ne pense pas que la voie des chèques soit une bonne voie. Parce que nous n’avons pas les moyens budgétaires de donner des chèques ici ou là. » Proposé par la Convention citoyenne en 2020, repris par Emmanuel Macron, le dispositif de « chèque alimentaire » n’avait pas vu le jour tel qu’annoncé, sans être jamais officiellement abandonné – remplacé notamment par une « indemnité inflation » non fléchée vers l’alimentaire en 2021, puis un fonds de 60 M€ pour les « nouvelles solidarités alimentaires » annoncé fin 2022, qui inclut des expérimentations locales de « chèques alimentaires ».
Interrogé le 7 janvier, Bruno Le Maire s’est en outre positionné en faveur des banques alimentaires et des associations d’aides : « Il faut passer par ce qui est le plus efficace – et je salue leur travail : les banques alimentaires, les associations, les Restos du cœur. » Une déclaration en défaveur du projet porté notamment par le groupe Up (ex-Chèque Déjeuner) de distribuer les politiques d’aide alimentaire dans tout type de magasin par le biais de cartes de paiement dédiées – comme cela est pratiqué aux États-Unis pour le programme Food stamp. L’idée d’un chèque alimentaire national était soutenue par plusieurs organisations du monde agricole, dont la FNSEA.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Soutien aux initiatives locales en 2024
Sur les 60 M€ annoncés en 2022, 20 M€ ont été fléchés vers du soutien à des initiatives locales. Parmi elles, plusieurs projets d’expérimentation de chèques alimentaires, dont celles des départements du Gers et de Seine-Saint-Denis. Certaines communes se lancent via leur centre communal d’action sociale, c’est le cas de Nanterre dans les Hauts-de-Seine, par exemple. Les dispositifs imaginés par les collectivités s’adresseront principalement aux personnes en difficultés financières et aux étudiants. La communauté d’agglomération de Carcassonne compte, par exemple, flécher les chèques « vers un public jeune ». D’autres projets sont portés par des associations de lutte contre la pauvreté comme le Secours catholique à Toulon et à Dijon. Le gouvernement s’est engagé à reconduire cette enveloppe dédiée à la précarité alimentaire dans le cadre du fonds « Mieux manger pour tous ». Elle sera de 70 M€ en 2024. Les financements devraient augmenter d’année en année jusqu’à atteindre 100 M€ en 2027.