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Chez Leroux, la modernisation passe par la diversification

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Boissons > Leroux, le fabricant nordiste de chicorée, a développé depuis quelques années de nombreux produits à base de son produit phare, aussi bien des boissons que des ingrédients. Fort de ses 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, il produit depuis peu un ingrédient naturel.

La chicorée est une boisson qui a tout son avenir devant elle !, assure, confiant, Michel Hermand, président de la holding familiale Finaler, qui chapeaute le groupe nordiste Leroux dirigé par son fils Christophe. Depuis les années 1980, l’entreprise a tout fait pour diversifier sa production, en élargissant sa gamme de boissons mais également en cherchant de nouvelles applications à cette plante riche en fibres et en inuline. La société Leroux s’est dotée depuis peu, auprès d’une société bretonne, d’un brevet qui fait de la chicorée un ingrédient naturel utilisable dans la meunerie pour améliorer les qualités organoleptiques des pâtes. Il s’agit là d’une nouvelle application pour ce produit qui s’était fait connaître pendant les deux guerres par son habilité à remplacer le café et en temps de paix pour son rôle de pondérateur de prix et de taux de caféine du café.

Fournisseur pour les industriels

Cette position d’ersatz n’était pas du goût de Michel Hermand qui s’est employé à donner ses lettres de noblesse à la chicorée, d’abord en tant que boisson, « une boisson diététique qui contient à la fois des fibres et du fructose, un sucre au pouvoir sucrant supérieur à celui du sucre habituel », puis sous d’autres formes. L’enjeu était de désolidariser la chicorée de son grand frère le café. Son goût sucré amer avait déjà conquis Nestlé, que Leroux approvisionnait depuis longtemps pour ses boissons à base de chicorée. En outre, elle est utilisée à des fins cosmétiques. Leroux est fabriquant d’édulcorants à base d’aspartame, qu’il fabrique pour des laboratoires pharmaceutiques.

A la recherche d’un partenaire laitier

Aujourd’hui, la chicorée doit développer et faire valoir son aspect diététique. Leroux a développé il y a deux ans, avec l’institut Pasteur, un lait à la chicorée, Mikilou, distribué dans les écoles aux enfants du Nord. Devant le succès rencontré, l’entreprise songe à la commercialisation du produit, mais avec un partenaire : « Nous devons nous associer à un laitier pour mener ce lancement à bien. C’est un produit frais, donc sa logistique nous est peu connue et nous souhaitons trouver un partenariat», annonce Michel Hermand. Les idées de développement ne manquent pas. Leroux pourrait étendre le territoire de son produit vers les infusions.

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L’entreprise dispose en France de trois sites de production, et à l’étranger de deux filiales, l’une en Espagne, avec un site près de Bilbao, et l’autre en Belgique, approvisionnée depuis la France. Elle emploie 300 personnes pour un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros. Elle exporte aux Etats-Unis, Japon, Allemagne, Afrique, 40 % de ses 65 000 tonnes de production.                          

  Leroux envisage la commercialisation de Mikilou, un lait à la chicorée, aujourd’hui distribué dans les écoles