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Chez les maraîchers, le choc de la canicule

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Les maraichers ont été durement touchés par les deux dernières vagues de chaleur et craignent que la suivante mette à mal nombre d’exploitations. Légumes de France travaille à un plan de relance.

La filière légumière française vient de connaitre deux événements de fortes chaleurs qui ont fortement touché les productions. Légumes de France (FNSEA) indique que c’est une grande moitié ouest du pays et tout particulièrement les cultures de plein champs (salade, poireau, épinards…) qui ont souffert. «Quand un champ part en fumée en trois heures, c’est le travail de toute une campagne qui disparaît et la pérennité de l’exploitation qui est immédiatement remise en cause», regrette Cyril Pogu, coprésident du syndicat et maraicher en Loire-Atlantique. Sentiment similaire en Bretagne : « C’est assez brutal », confirme Marc Kerangueven, président de la Sica de Saint-Pol-de-Léon au quotidien Le Télégramme, « Je suis plutôt quelqu’un d’optimiste mais là, je suis inquiet. Si ça continue comme ça, il va falloir évoluer. Nos cultures ne sont pas adaptées à ce genre de températures ». A date, aucun chiffrage n’a encore été communiqué.

Selon leur état de développement, les espèces sont plus ou moins concernés : «On attends de voir les conséquences sur nos jeunes plantules en fonction des stades de pousses » explique Pierre Varlet, directeur de l’Apef (producteurs d’endives), « Nous sommes au tout début du cycle de production. Pour l’instant, nous déplorons des dégâts sur certaines parcelles dus aux orages mais très localisés ». L’impact a été moins fort pour les cultures sous abri. Pour les serres fermées, l’arrêt du chauffage et l’usage du blanc de Meudon ont limité les dégâts : les producteurs devraient enregistrer un peu de retard et une baisse de rendement.

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Soutien à la protection

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur est annoncée, Légumes de France travaille à l’actualisation de sa proposition «cultures protégées» initialement présentée au dernier salon de l’agriculture, a appris Agra Presse. Elle vise à sécuriser la production, avec des objectifs d’augmentation de volumes, face aux effets des changements climatiques (intensification des aléas climatiques, ressource en eau, évolution des bioagresseurs et volatilité des rendements). Dans un document qu’Agra Presse a pu consulter, le syndicat considère que «sur le plan financier, les coûts d’investissement chiffrés par la filière sur 10 ans équivalents à 900 M€ en abris froids, 720 M€ en serres chaudes, 51 M€ pour les abris climatiques, dans l’hypothèse d’un soutien public à hauteur de 30% pour l’hexagone et 75% pour l’Outre-Mer, le besoin d’accompagnement s’élèverait de l’ordre de 52 M€/an. La mise en place de leviers financiers tels que le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) constitue un soutien essentiel à l’investissement». Pour Légumes de France, il s’agit d’augmenter de 20% des surfaces en cultures physiquement protégées d’ici 5 ans, et de 30% d’ici 10 ans.

PG

52 M€ par an nécessaires sur une décennie