Au sein de Tereos, 70 agriculteurs élus "conseillers de région" ont démissionné dans les Hauts de France. Cette démission est liée à des problèmes de gouvernance et de gestion de la coopérative, a-t-on appris le 25 juillet auprès de ces élus. Il s’agissait d’« exprimer notre désaccord à l’égard d’une gouvernance défaillante » et « des résultats de la gestion » du groupe sucrier, selon un communiqué justifiant cette vague de démissions le 9 juillet. La coopérative unique, nouvellement créée, donne lieu à « une confiscation des débats et (au) non-renouvellement de deux membres du conseil de surveillance », explique le document. Ces derniers font partie d’un « courant minoritaire » au sein de Tereos, critique à l’égard de la stratégie de diversification menée depuis 2012, explique à Agra Presse l’un des frondeurs, Xavier Laude.
Le « plus mauvais résultat net » des grands sucriers européens
« Les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements effectués et de ce que nous serions en droit d’attendre d’un groupe qui totalise 4,4 Mrd € d’actifs immobilisés », d’après le communiqué signé par sept anciens membres du conseil de surveillance : François-Xavier Baury, Gilles Bollé, Étienne Clabaut, Gérard Clay, Laurent Courtier, Philippe Hennebert, Xavier Laude. « Depuis 2012, Tereos perd du terrain en termes de résultat net par rapport à de grands concurrents européens comme Nordzucker et Südzucker », le groupe affichant même cette année « le plus mauvais résultat net des grands groupes sucriers européens ». « Une gestion performante aurait dû être capable de nous remonter bien plus que le 0,86 euro de dividendes à la tonne de betterave », poursuit le communiqué.
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Cette vague de démissions concerne 70 élus sur 73 dans les trois régions nord Littoral, Nord et Picardie Ouest qui correspondent aux cinq sucreries d’Attin, Boiry et Lillers, dans le Pas-de-Calais, Chevrières dans l’Oise et Escaudœuvres dans le Nord. Les cinq sucreries représentent 7 500 coopérateurs sur les 12 000 que compte la coopérative, et 45 % du tonnage de betteraves. « Nous avons tous l’intention de continuer à vous représenter », écrivent les élus, leur démission étant un moyen de s’affranchir du devoir de réserve. En mars 2017, à la demande de Tereos justement pour cette question de devoir de réserve, Gilles Bollé et Xavier Laude avaient dû lâcher leur mandat syndical à la CGB pour pouvoir conserver un mandat au sein du conseil de surveillance de Tereos. Visiblement, leur fibre syndicale l’a emporté.
Sollicitée par Agra Presse, la direction de Tereos n’a pas voulu s’exprimer.