Alors que les cultivateurs de chicorée français seront confrontés à l’interdiction européenne de la benfluraline – commercialisée sous le nom de Bonalan –, en mai 2024, leur interprofession en appelle à l’aide du gouvernement, rapporte Yannick Delourme, responsable du service agronomique de l’Interprofession de la chicorée de France, à Agra presse le 24 novembre. « Je trouve scandaleux que l’Union européenne nous interdise ce produit, alors que la chicorée à boisson est uniquement cultivée dans le nord de l’Europe », souligne M. Delourme. Et d’ajouter que cette interdiction « met en péril la culture », d’autant plus que les producteurs « sont incapables de trouver de la main-d’œuvre, mais aussi de la payer », pour lutter contre les chénopodes que la benfluraline cible. C’est pourquoi M. Delourme estime que « l’État devra mettre la main à la poche », à l’instar de ce qu’il a fait pour la filière betteravière.
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Par ailleurs, il espère que des investissements seront consacrés à la recherche. « L’Inrae ne s’est jamais intéressée à nous, et nous nous retrouvons aujourd’hui pieds et poings liés sans solutions. » Fin janvier, l’Union européenne avait acté l’interdiction de cet herbicide utilisé par « cette petite filière de 3 000 ha perchée dans les Hauts de France ». Selon l’Agence européenne de santé des aliments (Efsa), le benfluraline présente « un risque à long terme pour les oiseaux et les mammifères, englobant le risque d’empoisonnement secondaire pour les mammifères et les oiseaux se nourrissant de vers de terre ». En outre, elle met en évidence « la présence d’un risque à long terme pour les organismes aquatiques […], même lorsque des mesures d’atténuation sont appliquées ».