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Chlordécone : les revendications des ouvriers agricoles antillais

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Les ouvriers agricoles des Antilles, largement exposés au chlordécone, entendent interpeller l’opinion publique et agir pour la réparation et l’indemnisation des victimes.

Le Collectif des ouvriers agricoles empoisonnés par les pesticides, dont le chlordécone, de Guadeloupe et de Martinique (COAADEP) a présenté son manifeste et ses revendications lors d’une conférence de presse à Paris le 6 février. Plusieurs députés ultramarins et métropolitains, dont Fabien Roussel (Gauche démocrate et républicaine - Nupes) et Sandrine Rousseau (Ecologistes-Nupes) étaient présents. L’objectif du collectif était de mettre en avant la situation des ouvriers agricoles antillais face au chlordécone mais aussi aux autres pesticides utilisés dans les cultures (bananes, ananas, canne à sucre).

Selon une étude Santé Publique France de 2018, 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais seraient contaminés au chlordécone. « Et les ouvriers agricoles, contraints d’épandre les produits toxiques sans aucune protection pendant des dizaines d’années sont les premières victimes », s’insurge le comité. Le COAADEP ne considère pas suffisante la nouvelle étude de suivi annoncée par Santé Publique France, ni les différents plans Chlordécone de l’État : « Ils se sont révélés stériles et inadaptés face à l’immensité du désastre environnemental, sanitaire, social et économique. Aucune mesure n’a sérieusement répondu aux besoins des victimes, pourtant clairement formulés par le maillage associatif, la société civile et les élus locaux ».

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Une longue liste de revendications

Le collectif a présenté ses revendications. La première d’entre elles concerne la prise en charge par l’État de tous les frais médicaux des ouvriers agricoles en activité ou en retraite et l’indemnisation des préjudices corporels et moraux ainsi que la mise en œuvre d’une campagne de dépistage sanguin chez cette population. La reconnaissance des pathologies en tant que maladies professionnelles, « au cas par cas, et par des médecins experts » est aussi demandée. Le COAADEP réclame par ailleurs un suivi des victimes et de leurs ayants droit : installation de centres de recherche, de dépistage et de soins dédiés, mise en place de structures d’accompagnement psychologiques et nutritionnelles. L’interdiction totale de l’utilisation de pesticides dans l’agriculture, la décontamination des populations et la dépollution des sols et de l’eau sont aussi réclamées. D’autres mesures de soutien des victimes sont aussi citées comme la revalorisation des retraites des ouvriers agricoles avec un minimum de 1 000 euros et la suppression de la taxe foncière ou encore la création d’épiceries solidaires pour « la mise à disposition d’aliments et d’eau exempts de produits phytosanitaires en raison de leur état de santé ».

Interdiction totale des pesticides en agriculture, décontamination des populations