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Christophe Hansen détaille sa feuille de route

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Pour ce qui a été sa véritable semaine de rentrée, le nouveau commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a enchaîné les événements détaillant sa méthode pour dépolariser les débats, sa vision pour l’avenir de l’agriculture et sa feuille de route pour les prochains mois avec en ligne de mire la réforme de la Pac. Sur ce sujet, les ministres de l’Agriculture sont, eux, parvenus, non sans mal, à une position commune.

Main dans la main. C’est ainsi que se sont présentés les nouveaux commissaires européens Christophe Hansen (Agriculture) et Jessika Roswall (Environnement) le 9 janvier pour leur première devant les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept réunis à Bruxelles. Après un mandat marqué par les tensions entre le secteur agricole et le vice-président en charge du Green deal, Frans Timmermans, Christophe Hansen a insisté sur le changement de méthode au sein du nouvel exécutif : « C’est l’occasion de tourner la page, de repartir à zéro avec une approche différente, au plus près du terrain. » Et de poursuivre : « Une combinaison de facteurs a mis les agriculteurs au bord du gouffre : la rapidité et la profondeur de la transition, la surréglementation, les crises inattendues. Ils se sont sentis ignorés et négligés ». Cette nouvelle méthode de travail mise en avant par la Commission européenne devra « améliorer l’image de la Pac et mettre en valeur sa contribution aux objectifs climatiques et environnementaux, simplifier la politique, mieux se préparer aux crises ». Mais le commissaire « n’exclut pas des discussions difficiles, par exemple sur la manière de mieux cibler l’argent de l’UE, qui a le plus besoin de financement, le plafonnement et la dégressivité, la définition de l’agriculteur actif ». Les désaccords qui sont apparus lors des premiers débats sur la future Pac entre les ministres de l’Agriculture de l’UE sur la convergence des niveaux des soutiens à l’hectare en témoignent déjà.

Des divergences

Les ministres sont quand même parvenus, le 9 décembre, à adopter des conclusions sur la future Pac post 2027, plaidant notamment pour le maintien des aides à la surface, la préservation d’un budget dédié à la Pac (reposant sur deux piliers) et la réduction de la charge administrative. Ces conclusions, déjà discutées au mois d’octobre, ont pu être soutenues à l’unanimité grâce au revirement de position de la Roumanie. Celle-ci protestait contre l’absence d’engagement en faveur de la convergence des niveaux d’aides à l’hectare entre les Vingt-sept. Bucarest s’est finalement contenté d’une déclaration (signée par la Bulgarie, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne et la Slovaquie) pour demander à la Commission de proposer une convergence complète dans le cadre financier pluriannuel 2028-2034. Au contraire, l’Italie, la Grèce et Chypre ont insisté dans d’autres déclarations sur le fait que les différences de revenus et de prix des terres d’un État membre à l’autre justifient des niveaux de paiement différents entre les Vingt-sept. Mais pour le ministre hongrois, Istvan Nagy, qui présidait son dernier Conseil Agriculture avant de passer la main à la Pologne (au premier semestre 2025), ces conclusions sont surtout un document « alternatif » par rapport aux conclusions du dialogue stratégique sur l’avenir, avec une position claire des vingt-sept sur le budget.

Feuille de route

En attendant d’entrer dans le vif des débats sur la future Pac, Christophe Hansen a déroulé sa feuille de route pour les prochains mois. Il a déjà présenté, le 10 décembre, les propositions qui avaient été annoncées au printemps, suite aux manifestations d’agriculteurs, de révision du règlement OCM de la Pac et sur l’application transfrontalière de la directive pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales. Le nouveau commissaire à l’Agriculture devrait ensuite dévoiler sa Vision sur l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation en février (le 19 selon un calendrier provisoire). Cette vision sera déclinée tout au long de l’année avec un paquet sur la simplification, une stratégie sur l’élevage, une autre sur le renouvellement des générations et une évaluation comparative de la durabilité des exploitations, a-t-il précisé. Le renouvellement générationnel « sera la pierre angulaire » de son action, a-t-il insisté. Le 11 décembre, il participait d’ailleurs au premier Dialogue de la jeunesse lors duquel où il a pu échanger avec 22 jeunes actifs dans l’agriculture ou vivant dans les zones rurales.

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Pour finir, une fois le cadre financier pluriannuel 2028-2034 dévoilé (probablement en juin), Christophe Hansen s’attaquera aux propositions pour la nouvelle Pac post-2027.

Un cabinet qui prend forme

Christophe Hansen a finalisé la composition de l’équipe de son cabinet. Outre, la néerlandaise Esther de Lange qui prend, comme annoncé, le poste de chef de cabinet, l’équipe du commissaire européen à l’Agriculture comprendra : le Luxembourgeois Johannes van den Bossche (avec qui il travaillait au Parlement européen), la Slovène Alisa Tiganj (qui vient de la DG Agriculture), le Portugais Antonio Malta Reis (spécialiste de l’OMC et de la propriété intellectuelle), l’Italienne Antonella Rossetti (qui vient du think tank Farm Europe et a, par le passé, été l’assistante de l’eurodéputé Paolo de Castro), la Finlandaise Taru Haapaniemi (en charge des questions d’environnement), l’Allemande Maxi Espeter (qui a été assistante de l’eurodéputé Peter Jahr) et la Française Clémence Robin (communication).