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Champagne/cession Christopher Descours devrait racheter le champagne de Rémy Cointreau

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Alors que le marché du champagne est reparti et qu’au regard de ses perspectives de croissance on évoque même un problème de production dans les années à venir, ce n’est pas une maison ou un groupe de champagne qui devrait reprendre l’activité champagne de Rémy Cointreau mais Christopher Descours, spécialiste de la mode et de la maroquinerie.

Le groupe de spiritueux vient de publier un communiqué de presse annonçant « être entré en négociations exclusives avec EPI (groupe familial dirigé par Christopher Descours), en vue de la cession éventuelle de sa branche Champagne comprenant notamment les marques Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck ». On attendait un groupe ou une maison de champagne, c’est finalement un spécialiste de la mode et de la maroquinerie, présent aussi dans le vin tranquille, qui devrait reprendre l’activité champagne de Rémy Cointreau. EPI est propriétaire des chaussures J.M. Weston, François Pinet, Michel Perry, de la marque Bonpoint (vêtements pour enfants) et des chemises Alain Figaret. Précisons que son portefeuille d’activités comprend également le Château La Verrerie, une AOC des Côtes du Luberon. Les négociations sont donc en cours entre les deux entreprises. En cas d’accord, la vente ne sera effective qu’après la consultation des instances représentatives du personnel et l’autorisation du conseil d’administration de Rémy Cointreau. Le groupe de spiritueux, contrôlé depuis 1988 à hauteur de 60% par la famille Hériard-Dubreuil, avait annoncé en novembre la mise en vente de ses marques de champagne Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck dont le compte de résultat ne correspondait pas à ses attentes de rentabilité (1). Au premier semestre 2010, à 3,4%, la marge opérationnelle du cham-pagne était la plus faible du groupe.

Une vente alors que les résultats s’améliorent
En revanche, le ROC, toujours dans le rouge, s’était amélioré (-2,8 millions d’euros, contre -3,5 millions d’euros) avec un chiffre d’affaires, avant la période de forte activité, en hausse de 11,9% à 41,4 millions d’euros. Le groupe Rémy Cointreau avait aussi annoncé que le pôle champagne retrouverait l’équilibre sur l’exercice en cours. Sur l’exercice 2009-2010 (clos au 31 mars), avec un chiffre d’affaires de 96,7 millions d’euros (125,9 millions d’euros en 2009) l’activité champagne avait accusé une perte opérationnelle de 4 millions d’euros (contre 13,9 millions de ROC positif en 2009). Rappelons également que la tentative de restructuration de Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck, menée par Rémy Cointreau, avec la mise en place d’un plan de départ, s’était traduite par la première grève en Champagne, à Reims, depuis vingt ans en pleines vendanges. Avec Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck (un peu plus de 10 millions de bouteilles vendues chaque année), EPI acquiert la quatrième marque de champagne à l’international – Piper-Heidsieck –, positionnée sur le segment supérieur du marché des grandes marques, leader en France, en Allemagne, au Japon, en Belgique et en Grande-Bretagne, et des vins haut de gamme – Charles Heidsieck – commercialisés dans les circuits spécialisés, principalement en France, en Italie, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Si le prix de cession demeure toujours confidentiel, sur les marchés la branche champagne de Rémy Cointreau est valorisée par les analystes entre 275 et 450 millions d’euros, dont les contrats d’approvisionnement en raisins, qui sécurisent l’activité. Selon une information parue dans la presse, en décembre dernier LVMH avait proposé autour de 300 millions d’euros, offre trouvée insuffisante par Rémy Cointreau.

(1) Cf. Agra alimentation n° 2130 du18 novembre 2010, page 22

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