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Ravageurs Chrysomèle : les maïsiculteurs défendent une levée de quarantaine

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La réglementation européenne sur la chrysomèle, avec inscription sur la liste des ravageurs de quarantaine, montre ses limites. Un colloque d’Arvalis a mis l’accent sur la progression inéluctable de l’insecte. Mais de nombreuses solutions sont mises en œuvre dans l’UE.

«Il est possible de produire du maïs malgré la présence de chrysomèle », a soutenu Christophe Terrain, président d’Arvalis, lors d’un colloque organisé par l’institut technique le 28 novembre au Parlement européen. Des experts venus de l’UE et des États-Unis ont fait le point sur l’expansion du ravageur et les méthodes de lutte. Leurs témoignages ont montré l’éventail des parades. « La culture reste possible, en particulier grâce à l’adaptation des itinéraires techniques », a-t-il souligné. Autre enseignement, la réglementation européenne n’empêche pas la propagation de la chrysomèle, pourtant classée dans la liste des ravageurs de quarantaine. « L’installation de l’insecte dans de nouvelles zones indemnes est inéluctable », a estimé Christophe Terrain. Raison pour laquelle les maïsiculteurs réclament un allégement des contraintes. « On ne pourra pas éradiquer le problème, a renchéri Max Schulman, président du groupe de travail Céréales et Oléagineux au Copa-Cogeca. Les législateurs européens doivent le comprendre et lever la quarantaine. Cette mesure coûte cher. » Une nouvelle réunion sur le sujet était prévue le même jour à Bruxelles. Si l’issue n’est pas favorable, le Copa Cogeca veut inciter la DG Agriculture à mettre en place un groupe de réflexion. « L’objectif est de mettre en place différents outils visant de meilleures pratiques de lutte jusque dans les exploitations », a précisé Max Schulman.
 
Bilan mitigé du dispositif de lutte
En France, une stabilité des captures de chrysomèles est observée depuis trois ans. « Onze ans après leur détection, les populations restent modérées et aucun dégât n’est identifié en culture », a mis en avant Bertrand Huguet, de la DGAL. Un bilan nuancé par Arvalis. La caractéristique de 2013 est la progression du ravageur vers de nouvelles zones. « Le plan de confinement a certes retardé la nuisibilité, a reconnu Gilles Espagnol, ingénieur à l’Institut du végétal. Mais la progression de l’insecte est inéluctable. » Des discussions ont lieu avec la DGAL pour changer le dispositif de piégeage. Si l’utilisation de phéromones semble adaptée en termes de détection, elle l’est moins pour quantifier les populations. L’idée est de basculer vers un outil chromatique. Une définition de seuil doit permettre le pilotage d’actions de lutte.
 
Contre un dispositif rigide
« Les agriculteurs doivent disposer d’un large choix de solutions à adapter en fonction du contexte agropédoclimatique et des impératifs économiques des exploitations », a déclaré Christophe Terrain. L’expert hongrois Jozsef Kiss est allé dans ce sens. « Il est très important d’adapter la lutte aux conditions locales », a dit celui que certains considèrent comme le « pape » en la matière. Les maïsiculteurs s’opposent à un dispositif rigide. Parmi les interventions au colloque, celles des Italiens ont particulièrement séduit. « La bonne stratégie est la lutte intégrée », a défendu l’agronome Mauro Agosti. Cela mêle entre autres rotation des cultures, décalage des semis, protection insecticide, bonnes pratiques agronomiques (irrigation, buttage, fertilisation…). D’autres solutions ont été abordées, comme les OGM, l’utilisation de nématodes entomopathogènes, ou encore le système Attract & kill, avec du CO2 pour attirer les larves, couplé à l’application d’un insecticide.

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