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Viande/Conjoncture Chute de la consommation de volaille : pas de report d’achat

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Les chiffres du panel Secodip concernant les achats des ménages, fournis par l’Ofival à l’issue de son conseil de direction, confirment la forte baisse des ventes de volaille à partir du 9 octobre, date du début de la médiatisation de la grippe aviaire. Si la tendance semblait cependant à la reprise la semaine du 24 au 30 octobre, la baisse des ventes des rayons volaille se limitant à 10 %, Alain Melot, président de la fédération des industries avicoles, estime que « 1 000 à 1 500 emplois pourraient être remis en question au niveau de l’aval de la filière » si la crise devait se poursuivre. Cette peur d’une épizootie va gâcher des résultats 2005 qui s’annonçaient pourtant plutôt bons : sur la période allant de janvier à septembre de cette année, les achats des ménages en viande, volaille et jambon restaient en effet stables par rapport à 2004, alors qu’au cours des deux années précédentes, ils étaient en recul de 1,7% par an.

Le dernier conseil de direction de l’Office interprofessionnel des viandes, de l’élevage et de l’aviculture (Ofival) a été l’occasion de faire un point conjoncturel sur l’impact de la crise de la grippe aviaire. Comme le rappelle Alain Melot, président de la Fédération des industries avicoles (FIA), la médiatisation de la grippe aviaire pèse lourdement sur la filière avicole. Communiquées à l’issue du conseil de direction, les données du panel Secodip concernant les achats des ménages, évaluent la consommation de poulet stable à –0,5 %, sur la période janvier-septembre 2005 par rapport à la même période de l’an passé. Celle de dinde se situait sur une pente décroissante, à –3,4 %. Mais « depuis la semaine 41 (10-16 octobre), les ventes ont chuté de 15 % », indique Alain Melot. La tendance semblait cependant à la reprise en semaine 43 (24-30 octobre), la baisse des ventes des rayons volaille se limitant à 10 %. Produits les plus touchés : les poulets « labels » (-25 % selon Alain Melot), la dinde et les découpes de poulet, dont l’évolution est devenue négative alors que ce produit sur la période allant du 27/12/04 au 09/10/05 affichait une des croissances les plus fortes au sein des produits carnés. « Si la crise dure, 1 000 à 1 500 emplois pourraient être remis en question au niveau de l’aval de la filière », a estimé le dirigeant de la FIA. Les professionnels demeurent inquiets, redoutant que les habitudes de consommation restent affectées au moment des fêtes de fin d’année. De plus, sur cette période de « crise de la grippe aviaire », allant du 10 octobre au 6 novembre, le recul des achats de volaille ne s’est que partiellement reporté sur les viandes de boucherie, dont les achats n’ont progressé que de 0,5 % sur la période.

Des ventes de viande stables sur le long terme

Mais si l’on regarde en amont de cette crise conjoncturelle, on constate que selon le panel Secodip les achats des ménages en viande, volaille et jambon sont stables par rapport à 2004, alors qu’aux cours des deux années précédentes, ils étaient en recul de 1,7 % par an. Depuis le début de l’année, les dépenses des ménages pour ces produits ont conservé une évolution légèrement positive, à 1,1 %, compensant une hausse des prix de 1 %, en ralentissement comparativement aux 2,6 % par an de hausse en moyenne en 2003 et 2004. A contrario de cette tendance, sur la période allant du 1er janvier au 9 octobre, les achats de viande de bœuf ont enregistré une baisse de 1,5 %, toujours par rapport à la même période de 2004.

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Concernant la viande de porc, la consommation des ménages français, en recul de 1,9 % par rapport à 2004 sur les neuf premiers mois de l’année, se redresse au 4e trimestre à – 0,7 %.