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Cidre : la filière française espère une campagne plus calme

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Après une année 2023 délicate, la filière cidricole française aborde la prochaine campagne avec une certaine sérénité. Les dossiers réglementaires sont très présents en 2024

En 2023, 660 000 hectolitres de cidre ont été vendus en France, ce qui représente un recul de 2,4 % par rapport à 2022 (676 000 hectolitres) : « Dans un contexte d’inflation et d’augmentation des coûts de production, et en regard de la situation d’autres boissons – vins, bière – cela reste raisonnable, convient Jean-Louis Benassi, directeur de l’Unidic (interprofession). Mais nous sommes encore loin des volumes vendus avant la crise sanitaire ». La réduction de la récolte de pommes à cidre (-15 %, 270 000 tonnes) à cause des aléas climatiques (Ciaran, chaleur automnale) explique en partie la situation : « La croissance des surfaces en bio, qui représentent aujourd’hui 30 % des 9 000 hectares, peut aussi être évoquée, le rendement en bio étant globalement inférieur de 25 % au conventionnel ».

Reste que le développement du bio pourrait être entravé par la situation du marché actuellement : « En termes de culture, le conventionnel utilise peu de traitements ; la marche n’est pas haute pour basculer vers le bio, mais l’inverse est aussi vrai, rappelle le directeur de l’Unicid. Aujourd’hui les producteurs bio s’interrogent face à la valorisation de leur production ». Il est trop tôt pour évaluer la prochaine campagne cependant, la filière demeure sereine : « Il n’y a, a priori, pas eu de problème de gel. Il faudra voir cependant après le récent épisode de grêle. À date, en tout cas, nous n’avons pas le sentiment d’une hécatombe en production. Qui plus est, nous enregistrons une pression moindre sur les coûts de production », analyse Jean-Louis Benassi.

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Une avancée côté réglementaire

L’année 2024 pourrait aussi apporter une bonne nouvelle pour la filière cidricole française. Le décret précisant et encadrant la définition de plusieurs mentions (artisanal, fermier, rosé, et extra-brut) pour le cidre devrait être publié à la rentrée 2024, au pire à la fin de l’année. Ce texte était attendu depuis longtemps par les opérateurs. « Le texte a été transmis par le Secrétariat général du gouvernement au conseil d’État au mois de mars, explique Jean-Louis Benassi. Il a ensuite été notifié à la Commission européenne. Quelques mois seront nécessaires pour son étude, ce qui nous laisse penser à une parution pour la rentrée ». Un autre dossier devrait prendre plus de temps : les nouvelles normes européennes de commercialisation (voir Agra Presse hebdo du 26 juin 2023). « L’enjeu est fort pour nous : il s‘agit d’harmoniser les différentes définitions du cidre en Europe et elles sont nombreuses. Mais le texte comprend d’autres sujets comme les mentions facultatives qu’il ne faut pas négliger », reconnaît le directeur de l’Unicid.

En sept ans, les surfaces bio sont passées de 10 à 30 %