Hervé Gaymard a reçu pour la première fois le 10 juin les représentants nationaux du secteur apicole. Il a décidé de mettre en place cinq groupes de travail sur les questions clefs, en vue de préparer pour l’automne un plan de relance de l’apiculture française.
Les sujets «sanitaires et phytosanitaires» mais aussi «les perspectives de développement économique et les attentes de la profession sur la biodiversité», ont été évoqués lors de cette rencontre, selon une communiqué du ministère.
«Cet échange a permis d’amorcer l’élaboration d’un plan de relance de l’apiculture française prévu à l’automne», poursuit le communiqué. Le ministre a décidé à cette occasion la mise en place de cinq groupes de travail thématiques communs à la filière et au ministère. L’un d’eux, piloté par la DPEI, sera chargé de la création de l’Institut technique apicole qui sera doté d’un budget de 100 000 euros. Un autre, mené par la DPEI et la DGAL, s’intéressera au volet économique : indemnisation des apiculteurs, aides à la reconstitution du cheptel... Un troisième groupe travaillera sur les aspects sanitaires et phytosanitaires avec l’ambition d’obtenir plus de moyens pour les agents apicoles, le souhait de ces derniers étant d’être assermentés pour un certain nombre de missions (prélèvement d’abeilles en cas de problèmes, participation aux procédures d’homologation...). Le quatrième groupe examinera la question de la biodiversité : les apiculteurs souhaitent notamment que les textes européens sur ce sujet prennent en compte la protection de l’abeille. Enfin le dernier groupe se penchera sur la commercialisation du miel (signes de qualité, loi Montagne...). Les apiculteurs souhaitent que le logo Montagne soit accordé en fonction du lieu de production et non d’extraction du miel.
Des conclusions sous un mois
Le ministère demande aux préfets «d’organiser des tables rondes» avec «les apiculteurs et les organisations professionnelles agricoles pour aboutir à des propositions concrètes et concertées» sur ces questions. Les conclusions devront être remises au ministre «mi-juillet». Des délais trop courts, selon les apiculteurs, qui sont actuellement au plus fort de la récolte de miel. Selon eux, les conclusions ne pourront être tirées qu’à l’automne.
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Ces derniers ont estimé que cette rencontre, pour la première fois avec le ministre lui-même, était très importante.
« Pour la première fois, le ministre a reconnu des carences dans l’homologation des produits phytosanitaires et il s’est engagé, devant toutes les personnes présentes, à ne pas homologuer de nouveaux insecticides neurotoxiques tant que des tests prenant en compte les effets sublétaux sur les abeilles n’étaient pas homologués», a expliqué Frank Alétru, membre de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), à l’issue de la réunion. Depuis plusieurs mois, un travail est mené au sein du ministère, avec des représentants des apiculteurs et des firmes phytosanitaires pour élaborer ces tests.
Hervé Gaymard a également annoncé qu’il recevra également les semenciers et les producteurs de maïs à la fin du mois de juin.