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Biotechnologies Cinq OGM devraient être retirés du marché européen

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La Commission de Bruxelles devrait proposer le 20 mars aux experts des Etats membres de l’UE de retirer l’autorisation de mise sur le marché à cinq organismes génétiquement modifiés. Dans le même temps, associations écologistes et lobby des semences multiplient les pressions contradictoires sur les institutions communautaires à un moment où celles-ci s’apprêtent à définir une stratégie européenne révisée concernant les biotechnologies.

La section spécialisée sur les organismes génétiquement modifiés du Comité permanent de la chaîne alimentaire devrait examiner, le 20 mars, une série de cinq projets de décision qui lui seront soumis par la Commission européenne dans le but de retirer du marché plusieurs OGM. Les transgéniques concernés sont deux maïs, le Bt176 et l’hybride GA21xMON810 et trois colza, le Topas 19/2 et les hybrides MS1xRf1 et MS2xRf2. Ces semences étaient fortement contestées par les organisations écologiques. Elles présenteraient selon elles des risques pour la santé, avec notamment le développement possible de résistance aux antibiotiques, ou des menaces pour l’environnement, la dissémination incontrôlée dans l’environnement de certains gènes, notamment. L’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) a, à plusieurs reprises, balayé ces craintes. Malgré tout, certains Etats membres ont invoqué des clauses de sauvegarde leur permettant d’interdire sur leur territoire leur commercialisation. La Commission n’est, jusqu’à présent, jamais parvenue à constituer une majorité suffisante pour contraindre l’ensemble des pays de l’UE à autoriser toutes ces semences.

Un OGM fait « grossir les femelles (…) et maigrir les mâles ».

Par ailleurs, les organisations écologistes ont relancé, le 13 mars, la polémique sur l’innocuité d’un autre maïs OGM, le MON 863. Après s’être livré à une « contre expertise » sur la base des données brutes des expériences réalisées par Monsanto, publiées suite à une décision de justice en Allemagne, Greenpeace et le Comité français de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Crii-gen) mettent en garde sur les dangers de cet OGM. Ils estiment que les études sur des rats ont « fait apparaître des problèmes hépatiques chez les femelles, qui ont grossi, alors que les mâles connaissaient des problèmes rénaux qui les ont fait maigrir ».

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L’Europe doit « aller de l’avant »

De son côté, le lobby des semences conteste l’interprétation de ses propres données par les organisations écologistes. Europabio, le représentant du secteur à Bruxelles a publié, le 14 mars, un manifeste à l’intention de la Commission européenne. Il y dénonce le non-respect par l’exécutif communautaire comme par l’ESFA des délais légaux pour l’examen des dossiers d’autorisation et d’évaluation scientifiques des nouveaux OGM. Europabio invite Bruxelles à « aller de l’avant » dans leur utilisation. Tout en réclamant l’instauration de règles de coexistences mieux harmonisées en Europe et la mise en place d’un seuil de contamination « inévitable » des semences conventionnelles par des OGM, l’industrie plaide pour que l’Europe « écoute, et prenne davantage la parole pour soutenir les agriculteurs européens dans leurs efforts pour tirer partie des avantages économiques et environnementaux des biotechnologies vertes ».