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Distribution Circuits courts : le ministère veut coordonner les initiatives

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Le Grenelle de l’environnement avait promis 20% de bio dans les cantines en 2020, François Hollande vise les 40% de produits de proximité dans la restauration collective. Sur le terrain, des initiatives existent. Le ministère de l’Agriculture a souhaité le rappeler, en mettre plusieurs en avant et réfléchir à une coordination de ce genre de démarches.

Pour atteindre les 40 % de produits de proximité dans la restauration collective d’ici 2017, comme promis par le chef de l’Etat, le ministre de l’Agriculture ne part pas de zéro. Il a souhaité le rappeler le 13 novembre en présentant trois des initiatives qui existent aujourd’hui en France pour mettre en relation des agriculteurs avec des gestionnaires de restaurants ou cantines (voir encadré). Toutefois, il est, selon lui, encore possible d’améliorer les choses : « On va mettre en place un groupe de travail au sein du ministère pour coordonner» ce genre d’initiatives a annoncé Stéphane Le Foll. En effet, a déploré le ministre, dans bien des cas, l’offre locale peine encore à trouver un débouché local. Même si le code des marchés publics a été modifié, en 2011, pour faciliter, de manière détournée, l’approvisionnement en produits achetés le plus directement possible aux agriculteurs, il faut encore connaître toutes les subtilités des procédures pour réussir à faire venir dans sa cantine des produits des environs. Le ministère de l’Agriculture a d’ailleurs publié un guide pratique pour « Favoriser une restauration collective de proximité et de qualité » qui décortique les solutions que l’on peut trouver.
 
Trois initiatives différentes, un objectif partagé
Les promoteurs de trois initiatives ont présenté leur travail. D’abord Agrilocal, plateforme mise en place par le département de la Drôme, rassemble 130 producteurs et s’étend à d’autres départements. Elle met en relation les agriculteurs avec les acheteurs publics. « Nos producteurs ont augmenté de 20% leurs revenus, et cela n’a pas coûté plus cher aux intendants des cantines», a conclu Didier Guillaume, président du conseil général de la Drome qui se vante d’atteindre les 20% de bio dans ses cantines. Une trentaine de départements ont signalé leur intérêt auprès de la Drome, qui envisage donc de lancer une association nationale. Sur un modèle différent, les chambres d’agriculture ont créé en 2012 une plateforme de vente, « Mes produits en ligne » ; elle compte pour sa part 500 producteurs qui peuvent ainsi, individuellement ou en groupe, ouvrir un site internet de vente en ligne. Le logiciel conçu permet notamment de créer des catalogues, gérer les stocks, suivre les commandes et la facturation… Pour faciliter l’approvisionnement en produits bio et locaux des gestionnaires de restaurants collectifs, la Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique) a fédéré un réseau de 26 plateformes, dont certaines ont créé des associations locales « Manger bio et local ». La commande publique est, aux yeux de la Fnab, un moyen de structurer la filière bio dans son ensemble. Ces 26 plateformes génèrent un chiffres d’affaires de 9 millions d’euros, a annoncé Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab, qui signalait aux pouvoirs publics : « Nous pouvons désormais répondre à une demande plus importante ! »
Parce que ces initiatives passent par l’Internet, avec des outils modernes de géolocalisation ou de gestion de commandes par exemple, Fleur Pellerin, ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique était présente. Elle a salué des initiatives qui illustrent, selon elle, une France « rurale, moderne et audacieuse ».

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