Abonné

Climat : des pays accusés de « jouer » avec les forêts pour réduire leur ambition

- - 2 min

De grandes puissances surestiment la capacité d'absorption de CO2 de leurs forêts et s'en servent pour ralentir leur sortie des énergies fossiles, en prétendant tenir leurs objectifs climatiques, dénonce l'institut Climate Analytics dans une publication du 24 avril, qui épingle le Brésil et l'Australie. En effet, l’accord de Paris de 2015 permet aux pays de formuler leurs propres hypothèses de performance des puits de carbone, regrette auprès de l’AFP Claudio Forner, co-auteur de l'étude, et « sans règles, les pays ne font que jouer avec le système ». Ainsi, même si la quantité de CO2 absorbée par les sols, forêts et zones humides est difficile à calculer, l'Australie a, depuis 2018, plusieurs fois rehaussé ses estimations du CO2 absorbé par ses forêts, à tel point qu'elle assure avoir réduit son bilan carbone de 28 % entre 2005 et 2024, alors que ses émissions brutes de gaz à effet de serre n'ont baissé que de 2 %, selon le Climate Action Tracker. Le Brésil, lui, a annoncé qu'il réduirait sa pollution carbone dans une fourchette de 59 % à 67 % d'ici 2035 par rapport à 2005, mais sans définir la contribution des forêts dans la hausse de l'effort. Selon Climate Analytics, l'incertitude sur les performances des puits de carbone pourrait représenter jusqu'à 3 Mdt de CO2, soit environ les émissions annuelles de l'UE.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.