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Grandes cultures Climat et spéculation à l’origine de la flambée des cours

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La forte hausse des prix des matières premières agricoles est principalement le fait d’anticipations sur les volumes de grandes cultures en cours de récolte dans l’hémisphère nord. Un climat défavorable aux Etats- Unis et sur la mer Noire fait grimper les prix à des niveaux qui rappellent ceux de 2007 ou de 2010. A ceci vient s’ajouter un retour des investisseurs financiers sur les marchés à terme des matières premières agricoles, attirés par le retour à une forte volatilité.

«Les cours du blé sur NYSE Liffe ont atteint le 16 juillet 2012 les 264,25€/t pour la nouvelle récolte sur l’échéance novembre 2012, contre 226,75€/t le 29 juin dernier. une hausse de 16,5% en un peu plus de quinze jours », affirme Lionel Porte, chef de produits matières premières chez NYSE Liffe, le marché dérivés européen de nYse euronext. selon lui, « nous avons assisté depuis quelques semaines à des hausses importantes des cours des matières premières agricoles en raison de rendements et de récoltes attendues décevantes aux états-unis et sur le marché de la mer Noire ».

Une activité record sur les marchés à terme
sur les dernières semaines, les marchés à terme ont vu leur niveau d’activité atteindre des records en termes de volumes de contrats traités. « Cette hausse exceptionnelle (des matières premières, ndlr) explique l’explosion du nombre de contrats traités sur NYSE Liffe, avec des opérateurs qui souhaitent se couvrir pour essayer de défendre un prix », selon Lionel Porte. anne-Laure Paumier, responsable marché chez Coop de france, explique aussi qu’aux etats-unis, « les investisseurs financiers sont revenus sur le marché à terme des matières premières agricoles fin juin, début juillet, attirés par les perspectives de hausses qu’offrait le weather market (évolutions de marché conduites par le climat, ndlr) ». elle indique d’ailleurs que ces positions ont contribué à la hausse observée aujourd’hui.

Les investisseurs financiers sont de retour
Xavier Le Blan, directeur général délégué de Prim’finance, spécialiste des investissements financiers sur les matières premières, confirme cette tendance. selon lui, « on observe une exagération à la hausse ou à la baisse des cours des matières premières sur les marchés à terme, car les flux de contrats financiers sont beaucoup plus importants que les échanges physiques concernant leurs sous-jacents ». il indique d’ailleurs « un retour d’opérateurs uniques à la mi-mai et de façon assez massive sur les marchés à terme des matières premières agricoles ». Cependant, les investisseurs seraient depuis largement sortis des marchés des matières premières avec des prises de bénéfices. Xavier Le Blan constate par ailleurs un comportement de plus en plus volatil des opérateurs sur les marchés à terme avec de nombreux contrats achetés et revendus plusieurs fois dans la journée. Ce qui tranche avec des opérations de couverture ou de gestion du risque de prix pour le marché physique, qui imposent des positions plutôt longues sur des contrats d’options ou des positions inversées, à la vente ou à l’achat, sur les contrats à terme.

L’opacité reste importante sur les marchés à terme
« Concernant les prises de profits, il est difficile de voir si les opérations de liquidation des contrats à terme sont le fait des investisseurs financiers ou des utilisateurs physiques de matières premières », explique Lionel Porte. « Le marché étant anonyme, nous ne pouvons pas identifier l’investisseur final ou encore les types d’opérateurs détenant des positions ouvertes sur le marché à terme des matières premières de Paris, NYSE Liffe », explique-t-il. « Nous observons depuis deux semaines une augmentation du nombre de positions ouvertes sur NYSE Liffe ainsi qu’une hausse des volumes », souligne Lionel Porte. D’après lui, les inquiétudes climatiques quant aux volumes de production disponibles à terme sont à l’origine de ce regain d’activité. « Pour connaître les catégories d’acteurs de marchés (les commerciaux, les swap dealers, les money managers, et autres) à Paris, il faudra attendre la mise en place du Commitment of Trader report (COT) », indique Lionel Porte. Ce système déjà en place sur les marchés du café, du cacao et du blé fourrager à Londres, sera appliqué aux produits cotés à Paris une fois achevée la migration de la compensation de ces matières premières sur NYSE clearing. Ceci pourrait être réalisé en 2014.

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