Difficile d’y croire. Et pourtant un accord à l’OMC cette semaine reste possible qui mettrait fin à sept ans de blocage et dégagerait l’horizon à la fois sur les échanges et sur l’évolution de la PAC. Pascal Lamy joue ici son va-tout et dans les conditions les moins favorables : la campagne électorale américaine, la crise financière et la crise alimentaire ont plutôt pour effet de réveiller tous les réflexes protectionnistes. Le directeur de l’OMC n’en a pas moins déclenché quelques offres, plus ou moins sincères, plus ou moins nouvelles, de l’Europe et des Etats-Unis en matière agricole. Peter Mandelson, le négociateur européen, a proposé d’abaisser de 60% les droits de douane agricoles à l’entrée dans l’Union. Son homologue américaine a dit pouvoir ramener à moins de 15 milliards de dollars les soutiens internes à son agriculture. Tout cela étant censé provoquer en retour une promesse des pays émergents d’ouvrir leurs marchés en matière d’industrie et de services. Mais leur chef de file, le Brésil, trouve ces gestes négligeables et l’hypothèse d’un échec du cycle de Doha pointe à nouveau à l’horizon. Le pire, en réalité, serait un accord déséquilibré, et il n’est pas à exclure non plus : bien des protagonistes n’ont pas encore abattu toutes leurs cartes et l’Europe peut être entraînée au-delà de ce qu’elle a déjà offert. C’est la Commission, bien plus que les Etats membres, qui veut absolument aboutir et l’étroite surveillance que la présidence française prétend exercer sur le négociateur européen peut s’avérer un exercice aussi périlleux que contre-productif.

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