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CNA, Nutri-Score, publicité, restauration : les propositions du Réseau Action Climat pour l’agroalimentaire

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L’ONG environnementaliste Réseau Action Climat a publié 70 recommandations pour orienter la politique alimentaire nationale vers l’amélioration de la santé des citoyens et la lutte contre le changement climatique.

Le Réseau Action Climat et Solagro (études et assistance à maîtrise d’ouvrage en matière de transition agro-écologique, énergétique et alimentaire) ont publié le 9 octobre des recommandations pour mettre en accord les politiques publiques alimentaires et la lutte contre le changement climatique. Parmi ces 70 recommandations, plusieurs concernent la définition et le pilotage de la politique alimentaire, d’autres les industries agroalimentaires.

Le rapport préconise notamment d’instaurer plus de diversité et de transparence dans les instances de gouvernance alimentaire. La composition du Conseil national de l’alimentaire (CNA), souvent présenté comme le parlement de l’alimentation, « doit être profondément revue, en passant à trois collèges équilibrés représentant respectivement les intérêts et les enjeux liés à la santé, à l’environnement et au développement agricole et agroalimentaire (comprenant les représentants de la production agricole, de la transformation et de la distribution) », note le rapport. Quant à la gouvernance du Plan national de l’alimentation et de la nutrition (PNAN), elle doit être adossée à un conseil consultatif multi-acteurs. L’enjeu de ce conseil sera d’être « complètement indépendant de toute influence des lobbies concernés par la production et la vente de produits agroalimentaires ».

Le Réseau veut aussi que l’Etat milite au niveau européen pour que le Nutri-Score devienne obligatoire sur les produits. Il appuie l’idée d’expérimenter un étiquetage des produits prenant en compte leur impact sur l’environnement et sur le bien-être animal. Et en termes de communication, il est demandé de « mettre fin aux allégations nutritionnelles et de santé sur l’alimentation qui induisent en erreur » et d’interdire toutes les publicités et activité promotionnelles ciblant les moins de 16 ans pour les produits alimentaires et les boissons trop riches.

Des sites de production moins émeteurs de gaz à effet de serre

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L’Etat doit exiger des entreprises agroalimentaires qu’elles se fixent des objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre qui soient compatibles avec l’objectif international de ne pas dépasser une hausse de 1,5° C. « Le cas échéant, des sanctions financières devront être mises en place », admoneste le Réseau qui demande aussi de fixer des objectifs d’amélioration nutritionnelle, sanitaire et environnementale des produits agroalimentaires.

Les recommandations touchent aussi les relations commerciales, en demandant que l’Observatoire de la formation publie les niveaux de marge par enseigne et par rayon. Il faut aussi améliorer le rôle de la Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) et des commissions départementales d'aménagement commercial (CDAC) en ouvrant leur composition aux représentant des agriculteurs, des associations environnementales et des riverains. Le but est de stopper la concentration géographique des commerces et d’améliorer le maillage tant en zone urbaine que rurale.

Enfin, des mesures doivent concerner la restauration collective publique qui doit devenir « la figure de proue de la politique alimentaire française » en passant à deux menus végétariens par semaine en 2025 et en versant une prime pour les cantines qui passent en bio local et végétarien. En 2030, le but est de parvenir à 50% d’approvisionnement biologique et de proposer 3 repas végétariens par semaine.