Un programme intégré européen coordonné par l’Inra vient d’être lancé sur la co-existence et la traçabilité des filières OGM et non OGM.
Afin que consommateurs, industriels et agriculteurs bénéficient des méthodes de gestion et d’information fiables leur permettant le libre choix face à l’utilisation ou non d’OGM, huit unités de recherche et plus d’une vingtaine de scientifiques de l’Inra s’impliquent dans le programme international Co-Extra. « Ce projet fournira des outils et méthodes pour aider les producteurs de denrées destinées à l’animal ou à l’homme, y compris les PME, à mieux adapter leurs pratiques pour répondre à l’exigence d’une information fiable. C’est d’ailleurs la première fois, dans le domaine des filières OGM et non OGM, qu’un projet est autant orienté à partir du point de vue du consommateur, c’est-à-dire de la fourchette à la fourche », précise Yves Bertheau, chercheur à l’Inra et coordinateur scientifique de Co-extra. « Les OGM cristallisent un débat plus global sur l’agriculture et l’Inra a le devoir d’éclairer les décisions publiques, dans un contexte d’érosion des compétences et de démotivation des chercheurs », a déclaré de son côté François Houllier, responsable à l’Inra. À cet effet l’Inra recevra 1,4 million d’euros de subvention communautaire et abondera ce programme de 1,3 M EUR.
Concevoir des outils pour assurer la « traçabilité »
Pour ce faire, le consortium Co-Extra travaillera sur la co-existence entre cultures et filières OGM et non OGM (conventionnelle ou biologique) en développant des outils et méthodes de gestion des cultures et des récoltes des champs jusqu’aux produits finaux. Concernant la traçabilité des OGM et produits dérivés, au cours des différentes étapes des filières d’alimentation animale et humaine, le groupe concevra des méthodes d’échantillonnage et des outils de détection d’OGM, et élaborera de nouvelles techniques pour détecter les OGM non encore autorisés. Ou encore, analysera la propension des consommateurs à acheter des produits non étiquetés OGM, et identifiera les coûts et bénéfices additionnels liés à la co-existence et la traçabilité (les impacts macro-économiques des réactions des consommateurs aux nouvelles dispositions européennes sur l’étiquetage et la traçabilité dans l’Union Européenne, par exemple).
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13,5 M EUR sur quatre ans
En outre, ce projet intégré de 4 ans, est financé à hauteur de 13,5 millions d’euros par le sixième programme-cadre de l’Union européenne, dans la priorité «qualité et sûreté alimentaires», et réunit 52 partenaires issus de 18 pays d’Europe mais aussi de Russie, du Brésil et d’Argentine. Aussi, « en tant que Projet Intégré, le projet Co-Extra est particulièrement bien conçu pour fournir les résultats attendus sur le plan scientifique et technologique, pour augmenter l’impulsion de la compétitivité européenne et pour répondre à des besoins importants de la société », souligne Christian Patermann, directeur Biotechnologie, Agriculture et Alimentation, de la Commission Européenne, avant de poursuivre : « La recherche sur les OGM est en retard en Europe par rapport aux Etats-Unis, et c’est la réticence des consommateurs qui en est la cause». Alors que des pays comme la Chine et l’Inde investissent «massivement» dans les biotechnologies végétales, « en Europe, dans le public et privé confondus, 40 % des chercheurs ont cessé leur recherche sur les biotechnologies végétales au cours des 4 dernières années». Signe cependant encourageant, dans l’eurobaromètre d’avril 2005 sur les préoccupations des Européens concernant l’environnement, les OGM « n’arrivent qu’en 10e position sur 15… »