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Cocorette réagit à la condamnation d’un de ses franchisés pour fraudes

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La société Paniers d’œufs, implantée près de Valence, a été lourdement condamnée par le tribunal correctionnel de Valence pour « tromperie sur l’origine d’une marchandise ». Une condamnation qui a fait réagir la concurrence. Paniers d’œufs était l’un des 5 franchisés de Cocorette qui distribuait les œufs à la marque dans le sud-est de la France. Thierry Gluzsak, à la tête de Cocorette avec son frère Jérôme, vient d’annoncer la création de Cocorette Sud-Est, désormais seul centre d’approvisionnement pour le Sud-Est qui a repris les actifs de son ancien franchisé.

Le tribunal correctionnel de Valence vient de condamner lourdement Erick Valla, gérant de la société Paniers d’œufs pour « tromperie sur l’origine de la marchandise » dans un jugement en date du 4 avril dernier.
Entre juin 2008 et avril 2010, la société Paniers d’œufs avait en effet vendu sous le label français 11 millions d’œufs bio sous marque distributeurs provenant d’Italie. Ces œufs avaient été notamment achetés par la société drômoise via une société intermédiaire allemande Moos. C’est un contrôle de la DGCCRF de la Drôme qui avait à l’époque mis le doigt sur cette fraude dès mars 2010.
La société Paniers d’œufs était une des cinq PME indépendantes franchisée du réseau Cocorette. Parmi les autres PME franchisées implantées sur l’ensemble du territoire français, on trouve SANCCO, Saveurs des Œufs, Histoire d’œufs et SACCO, respectivement implantées à Nancy, Montauban, Laval et Arras. Celles-ci collectent 240 millions d’œufs auprès de 470 fermes implantées en France et en Belgique pour un chiffre d’affaires 2012 de 43M€ (130 salariés dont 55 à Arras).

Lourde condamnation

Yves de la Fouchardière, directeur général des Fermiers de Loué, a vivement réagi à ce jugement dans les colonnes de nos confrères Les Marchés.
« Je condamne l’étrange silence autour d’une fraude d’une telle ampleur. Il est totalement anormal que la profession n’ait pas été informée avant le procès », explique le responsable en parlant de « carambouille géante ».
« Je suis incroyablement étonné que l’on puisse lancer une telle polémique sur une affaire qui vient d’être jugée », explique de son côté Thierry Gluszak à Agra-Alimentation.
En effet, le directeur de Cocorette précise que le gérant de Paniers d’œufs a été condamné lourdement et que sa responsabilité est totalement engagée. « D’ailleurs, il n’a pas fait appel du jugement », souligne-t-il.
« Un accord de franchise, ce sont des accords de part et d’autre. Dans ce cas précis, des accords n’ont pas été respectés », rajoute-t-il sans pour autant expliquer les raisons pour lesquelles Cocorette n’a pas pris de mesures envers son franchisé dès mars 2010 et attendu le jugement définitif du tribunal pour réagir.

Deux nouveaux conditionneurs

Cocorette vient en effet d’annoncer le 18 avril la création de Cocorette Sud-Est, filiale de Cocorette Arras par reprise des actifs et du personnel de son ancien franchisé. Cette nouvelle société, implantée à Upie dans la Drôme, est présentée désormais comme « le seul centre d’approvisionnement à la marque Cocorette pour la région Alpes Provence ».
Il gère le conditionnement et l’approvisionnement en œufs des GMS de la région. Il est co-dirigé par David Jokiel, ingénieur Qualité, et Laurent Notte, cadre commercial de l’ancienne société. Elle sera « l’une des premières entreprises Cocorette à expérimenter les nouvelles mesures de contrôle mises en place par le groupe ».
« Nous avons voulu préserver les emplois des 16 salariés et l’activité des 38 éleveurs de la Drôme et de la Haute-Loire. C’est une belle entreprise qui fonctionne bien et nous avons tout faire pour que cette société poursuive ses activités », a précisé Thierry Gluszak qui « se réserve d’ailleurs le droit d’aller en justice », considérant les propos de son concurrent direct comme « une atteinte grave ». Mais le responsable de Cocorette ne veut pas polémiquer à l’extrême et précise d’ailleurs qu’il a « le soutien total de ses clients » et fait part de « sa volonté d’avancer ».
Deux nouveaux conditionneurs d’œufs devraient en effet rejoindre le groupe parmi lesquels la société Œufs Nord Europe implantée à Doullens. Dirigée par Pascal Lemaire, elle commercialise environ 130 millions d’œufs dont une partie en Bio et travaillait déjà avec Cocorette. « Il est encore trop tôt pour annoncer le seconde centre de conditionnement qui devrait bientôt travailler avec nous », confie Thierry Gluszak.

Œuf Fermier

Cette polémique intervient dans un secteur excessivement concurrentiel et à un moment où les trois actionnaires de la société Matines (Glon, groupe Cecab et Sicadap) viennent de « décider de renforcer leur collaboration dans le but de regrouper leurs activités industrielles de conditionnement et de commercialisation d’œufs destinés à la GMS ».
Enfin, elle intervient surtout après un long combat judiciaire mené par Cocorette entre 2006 et 2010 pour défendre l’appellation « œuf fermier label rouge » et qui accusait Matines et Loué d’utiliser cette mention sans en respecter les exigences ou même sans en avoir obtenu l’homologation. Des jugements qui se sont terminés par un arrêt du Conseil d’État le 10 Novembre 2010.
Jugeant que le décret 2009-247 définissait l’« œuf fermier » de façon très vague notamment du point de vue de l’alimentation des poules et annulant ce dit décret, le nouveau décret indique désormais qu’ « un œuf fermier doit être produit à ses différents stades sous la responsabilité directe de l’exploitant et selon des méthodes excluant les techniques de production à caractère industriel ».

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