À quoi joue Vladimir Poutine ? En signant le 2 juillet une loi obligeant les distributeurs de marques de champagne à inscrire au dos de la bouteille la mention « vin pétillant », réservant ainsi l’appellation « Shampanskoe », traduction de "champagne" en russe, aux seuls producteurs russes de vins pétillants, le président de la Russie était certain de provoquer la colère des vignerons français et pas seulement.
Le Comité Champagne, qui rappelle que cette appellation « est protégée dans plus de 120 pays », est « déterminé à poursuivre les discussions avec les autorités russes pour obtenir le droit exclusif à l’usage du nom Champagne sur le territoire russe. » Et Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, qui a bon espoir, pour l’instant de régler ce différend à l’amiable, n’exclut pas faute de dialogue de porter l’affaire devant l’Organisation mondiale du commerce.
En attendant, plus aucune bouteille de champagne n’est expédiée en Russie, faute d’étiquettes en règle avec la nouvelle législation. Sans changement d’appellation, les bouteilles risquent d’être considérées comme de la contrefaçon, un comble ! Heureusement que le marché russe n’est que le 15e pour la France avec 35 millions d’euros de chiffre d’affaires, bien loin derrière les États-Unis avec plus de 501 millions d’euros.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Mais dans l’immédiat, ça n’est pas tant une affaire de gros sous, même si perdre un débouché n’est jamais bon, qu’une affaire de principe. Le champagne est fabriqué en Champagne, dans le nord-est de la France et le restera, quoi qu’en dise monsieur Poutine.