La France accueillait jusqu’au 15 mars le comité sur les principes généraux du Codex Alimentarius. Fraudes alimentaires, nouvelles technologies, application des normes… des délégués d’une soixantaine de pays ont lancé plusieurs chantiers de réflexions.
La France accueillait jusqu’au 15 mars le comité sur les principes généraux du Codex Alimentarius. Fraudes alimentaires, nouvelles technologies, application des normes… des délégués d’une soixantaine de pays ont lancé plusieurs chantiers de réflexions.
« Redynamiser » le Comité sur les principes généraux du Codex Alimentarius (CCGP), tel était l’objectif du gouvernement français en accueillant le 11 mars, à Bordeaux, ce comité chargé de chapeauter les discussions menées au sein du Codex, un organisme dépendant de la FAO et de l’OMC, qui élabore des normes internationales de référence en matière de sécurité alimentaire.
Le Codex rassemble 188 pays membres, ainsi que l’Union européenne. La dernière réunion du CCGP en 2016, s'était soldée par un échec bloquant pendant trois ans les discussions. D’où la volonté de la France de « redynamiser » les travaux, avec un nouveau président, le Français Jean-Luc Angot, et une « nouvelle organisation ».
À l’issue de la clôture des débats, le 15 mars, le ministère de l’Agriculture a salué une « une participation record » à ce comité. « La France est convaincue que ce comité transversal peut constituer un laboratoire d’innovations au service de tous », a-t-il ajouté dans un communiqué.
Un observatoire de l’application des normes
Les normes qu’élabore cet organisme servent de base de référence à l’OMS. Toutefois, elles ne sont pas obligatoires. L’un des principaux points de discussions de cette semaine était donc la question de leur application effective. Pour ce faire, la création d’un observatoire pour « faire un état des lieux » a été actée.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Nous souhaitons connaître l’incidence réelle des normes, puis comprendre pourquoi certaines d’entre elles ne sont pas appliquées », explique Jean-Luc Angot. Autre point de discussion important : les fraudes alimentaires. Les délégués ont notamment fait part de leur volonté d’adopter des définitions internationales plus précises de ces fraudes.
L’objectif est de déterminer « ce qu’on considère ou pas comme une fraude alimentaire », ajoute Jean-Luc Angot. Le sujet de l’utilisation des nouvelles technologies pour informer du consommateur a également été traité. Les délégués ont particulièrement discuté du développement de la blockchain et des applications sur smartphone permettant d’améliorer cette information.
Intégration des normes environnementales
Enfin, les membres du comité se sont mis d’accord pour commencer des discussions visant à intégrer des données environnementales et de développement durable à ces normes. « Ce n’était pas gagné. Ce point a été poussé par la France et l’Union européenne, mais au départ on nous disait que ce n’était pas le lieu », se félicite Jean Luc Angot.
Ces éléments devraient intégrer notamment le plan stratégique du Codex Alimentarius 2020-2025, qui doit être discuté en juillet prochain, lors de la réunion annuelle de l’instance suprême du Codex Alimentarius. Au Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron avait appelé à ce que le Codex devienne « la grammaire commune d’une alimentation et d’une agriculture saine ».