Adopté par la Commission de Bruxelles le 10 mars, au lendemain du débat public des ministres de l’environnement sur les OGM, le rapport sur la coexistence des cultures transgéniques, conventionnelles et biologiques Voir n°3047 du 13/03/06.a suscité des réactions contradictoires avec d’une part le lobby des biotechnologies prompt à réclamer de la souplesse dans les mesures de coexistences prises au plan national et, d’autre part, les écologistes très remontés contre l’absence de volonté communautaire d’ériger un cadre harmonisé et strict.
Europabio, qui représente l’industrie des biotechnologies à Bruxelles, estime que la Commission met clairement le doigt sur l’instauration par certains États membres d’entraves à la liberté de choix des agriculteurs et des consommateurs par le biais de mesures de coexistences trop rigides. Simon Barber, le directeur de l’association, dénonce « les mesures discriminatoires et disproportionnées » et invite Bruxelles à tirer les conséquences de son rapport en obligeant ces États à les assouplir.
En revanche, les associations écologistes protestent contre le refus de l’exécutif européen d’adopter des mesures de coexistence au niveau communautaire. Pour les Amis de la terre, cette décision équivaut à « contaminer d’abord, légiférer ensuite ».
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De son côté, Greenpeace dénonce les menaces proférées par la Commission à l’encontre des régions déclarées exemptes d’OGM. L’organisation l’accuse de vouloir passer en force alors que tous les risques de contamination n’ont pas été explorés. Greenpeace a publié, la veille de l’adoption du rapport sur la coexistence,
une étude mettant en garde contre les effets négatifs de la culture des OGM dans 39 pays dans le monde. Elle cite le cas du Royaume-Uni où, malgré l’absence de culture commerciale de transgénique, dix cas de contamination ont été recensés. Greenpeace appelle à une « marche des régions libres d’OGM » en marge de la conférence sur la coexistence organisée à Vienne (Autriche) par les institutions européennes du 4 au 6 avril.