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Cofigeo cherche à se séparer du site Toupnot

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Cofigeo, maison-mère de Toupnot, ne relancera pas la production de corned beef après l’incendie dont a été victime le site de Lourdes. Une recherche de repreneur est en cours.

Les salariés de Toupnot s’inquiètent de leur avenir et le font savoir. Le 9 novembre, ils ont manifesté dans les rues de Lourdes (Hautes-Pyrénées) pour qu’une solution soit trouvée après la destruction par les flammes en janvier de l’usine. Depuis, les 71 salariés sont en chômage partiel. Ils perçoivent leur salaire mais ignorent quel sera leur avenir.

Le 23 octobre, la maison-mère Cofigeo (William Saurin, Raynal & Roquelaure, plats cuisinés Panzani, Zapetti, Garbit) a annoncé qu’elle débutait une recherche de repreneur pour le site. Une décision qui s’explique par l’impossibilité de produire sur place et de récupérer des clients partis à la concurrence. « Dès que la production a cessé, la concurrence brésilienne a démarché nos clients avec des prix très bas », indique un porte-parole de Cofigeo. « Or, il était impossible de trouver un site relais pour cette production qui nécessite des équipements spécifiques », poursuit-il. Seule l’activité de plats cuisinés appertisés a pu être transférée vers les sites de Sainte-Livrade-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne (marque La Cuisine des Pyrénées) et de Capdenac-Gare dans l’Aveyron (marque Sévima). Du coup, Cofigeo a choisi d’arrêter la production de corned beef, la spécialité de Toupnot.

Recherche de solution

« Il est encore trop tôt pour parler de marques d’intérêt pour le site, mais la recherche d’un repreneur est bien en cours et un mandat a été confié pour cette recherche », assure un porte-parole de Cofigeo. Les syndicats s’inquiètent au contraire de l’attitude de Cofigeo et demandent qu’une « recherche sérieuse d’un repreneur soit menée », selon le délégué du personnel Philippe Combes (CGT). Cofigeo se dit ouvert à la recherche d’une solution avec les pouvoirs publics locaux pour revitaliser le site et trouver une solution pour les salariés. « S’il y a une réelle volonté de l’entreprise, la région est prête à mettre 2 millions d’euros sur la table, via des aides à l’investissement, pour préserver les emplois. Aujourd’hui, c’est le flou », a déclaré à l’AFP Jean-Louis Cazaubon, vice-président de la région Occitanie chargé de la viticulture et de l’agroalimentaire, présent à la manifestation de Lourdes.

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Hautes-Pyrénées
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Pour la maire de Lourdes Josette Bourdeu, la balle est dans le camp de Cofigeo, dont elle dénonce « le mépris » et « la désinvolture ». Selon elle, Cofigeo « a su et pu bénéficier de l’accompagnement et de l’aide de l’État (dans le cadre du rachat de William Saurin, ndlr) pour acquérir cette position de quasi-monopole en contrepartie d’engagements fermes et actés par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire d’un maintien de l’emploi, notamment sur le bassin lourdais si durement affecté depuis des années ». La Fnaf CGT rappelle que Cofigeo a pu acquérir Willam Saurin en 2017 sans céder d’actifs : « Cette décision totalement inédite et exceptionnelle, passant outre l’avis de l’Autorité de la concurrence, qui a permis au groupe d’être en position de monopole sur le marché des plats appertisés, était néanmoins subordonnée au respect d’un engagement de maintien de l’emploi par le groupe pour une durée de deux ans. »

6 M€ pour renforcer les capitaux propres de William Saurin

William Saurin Production vient de bénéficier d’une augmentation de capital de 6 millions d’euros, a annoncé sa maison mère Cofigeo le 18 novembre. Le but est de « renforcer les capitaux propres » du fabricant de plats appertisés William Saurin Production, société constituée pour la reprise de William Saurin en 2017 auprès de la Financière Turenne Lafayette. « Cette augmentation de capital vise à compenser les pertes cumulées de 4,6 millions d’euros au titre des exercices 2017 et 2018 qui avaient pour conséquence de générer des capitaux propres négatifs à hauteur de 4,5 millions d’euros », indique Cofigeo. William Saurin a connu « une période difficile depuis sa reprise par le groupe Cofigeo » indique Mathieu Thomazeau, président du groupe Cofigeo, mais « la perte a été divisée par deux entre 2017 et 2018, et William Saurin se remet désormais dans une dynamique positive » poursuit-il. Fin 2017, quelques mois après la reprise, Cofigeo prévoyait un retour à l’équilibre en 2018, et à la rentabilité en 2019 (Agra Alimentation du 21 décembre 2017). « Si 2019 sera marquée par les effets de la crise porcine en Chine et par ses incidences sur le cours du porc, nous sommes totalement confiants dans l’avenir et dans notre vision » prévoit Mathieu Thomazeau.