Auditionnées par la commission des Affaires économiques du Sénat, les interprofessions du cognac et de l’armagnac ont appelé le 30 octobre à un règlement diplomatique des sanctions chinoises sur les spiritueux. « La seule solution est d’engager une discussion directe entre la France et la Chine », a déclaré Florent Morillon, président du BNIC (cognac). Si en parallèle une action est à mener auprès de l’OMC, « ça ne règle pas notre problème dans l’immédiat ». Pékin impose depuis le 11 octobre aux importateurs de spiritueux européens le dépôt d’une caution auprès des douanes chinoises. Signalant de multiples annulations de commandes, les professionnels ont alerté les sénateurs sur « les conséquences (qui) pourraient être majeures pour nos régions. Perdre 25 % de son marché, ça n’est pas acceptable », a souligné Florent Morillon.
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La ministre déléguée au Commerce extérieur, Sophie Primas, a déclaré le 4 novembre que les négociations restaient « clairement ouvertes » avec Pékin sur les potentielles surtaxes douanières chinoises visant le cognac, sans écarter l’option d’une réplique de Paris. Elle s’exprimait depuis Shanghai, après une rencontre la veille avec le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao. « On va avoir entre les producteurs de cognac, l’État français et l’Union européenne une discussion à trois, spécifiquement sur ce marché-là ». « Et ça sera fait d’ailleurs probablement entre nos deux présidents lors du sommet du G20 » au Brésil, à la mi-novembre, et « également au niveau des Premiers ministres, puisque Michel Barnier a souhaité indiquer qu’il organisera ici des discussions entre Premiers ministres », a-t-elle ajouté. L’imposition de surtaxes sur le cognac pourrait bloquer l’accès au marché chinois à ce produit. « Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures techniques, juridiques possibles » le cas échéant, a signalé Mme Primas.