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Viandes Colère de Jean-Paul Bigard face aux « promesses non tenues de l’État »

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Lors de l’assemblée générale du Sniv-SNCP (entreprises françaises des viandes) qui se tenait à Paris le 1er octobre, « compétitivité » et « valorisation » des productions étaient les maîtres mots.

«Le choc de simplification : plus on en parle, moins il s’applique », a assuré Jean-Paul Bigard, président du Sniv-SNCP (entreprises françaises des viandes) et président du directoire du groupe Bigard, lors de l’assemblée générale du Sniv-SNCP à Paris, le 1er octobre. Il cite, entre autres, les tests ESB qui se sont arrêtés « partout sauf en France » et l’écotaxe qui doit prendre effet au 1er janvier 2014 et qui devrait se traduire par une hausse de 5,2 % sur le prix des produits. « Pourquoi le lait et pas la viande ? », poursuit-il. La filière laitière est exemptée de cette taxe, la filière des viandes ne l’est pas. Ces alourdissements pèsent en la défaveur des entreprises françaises des viandes dans la course à la compétitivité. La concurrence est souvent symbolisée par l’Allemagne, la bête noire de la filière. « Le cochon danois est devenu allemand. Nous ne voulons pas que le breton devienne à son tour allemand », illustre Pierre Halliez, directeur général du Sniv-SNCP et président du Collectif contre le dumping social en Europe, faisant une référence directe aux conséquences du dumping social qui sévit en Allemagne. Le Sniv-SNCP est clair : les élections allemandes sont terminées, mais les élections européennes de mars 2014 seront une nouvelle occasion de mettre les politiques au pied du mur.
 
Une question de vocabulaire
Le gain de compétitivité n’est pas la seule préoccupation des professionnels. Reconquérir la faveur des consommateurs en est une autre. Un dépoussiérage est en cours : « Nous allons abandonner la notion de minerai », a annoncé Claude Guillemot, directeur qualité Elivia et membre de la commission étiquetage du Sniv-SNCP. Le terme a été découvert par le grand public pendant la crise de la viande de cheval. Mais il renvoie à un univers qui « ne reflète plus les valeurs de la filière ». À terme, le mot pourrait disparaître du vocabulaire de la « planète viande » et devrait être remplacé par « parage machine» par exemple, « une notion plus connue et représentative », selon Claude Guillemot. Le code des usages a été accepté par toutes les fédérations du syndicat et est en cours de relecture à la DGCCRF (autorité de la concurrence). « L’objectif serait d’étendre le code des usages à l’échelle européenne », conclut-il. Autre point : l’évolution de la nomenclature. Jean-Paul Bigard rappelle les efforts réalisés par les industriels concernant la réforme de l’arrêté de 1993 sur la dénomination des morceaux ou encore sur la « clarification de la nomenclature des matières premières destinées aux préparations de viande et aux plats cuisinés ».
Enfin, au regard des sondages effectués auprès des consommateurs, l’étiquetage de l’origine devient une urgence. « Face aux atermoiements de Bruxelles, les pouvoirs publics français oseront-ils maintenir et mettre en œuvre les dispositions de l’amendement voté récemment par le Sénat ? », interroge Jean-Paul Bigard. L’amendement voté en septembre dernier vise à rendre obligatoire l’étiquetage de l’origine des produits dans les plats préparés. En juin dernier, Benoît Hamon, ministre de la Consommation, avait obtenu le retrait d’un amendement similaire, rappelant que la Commission européenne devait, en amont, soutenir la proposition.

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