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Stéphane Le Foll veut relancer un principe qui a assuré jadis l’essor de l’agriculture française : le mutualisme, le collectif. Là où l’agriculteur, individuellement, ne s’en sort pas, l’entreprise collective peut être la solution. C’est ce qui a fait la force de la Coopération, du Crédit et de l’Assurance agricoles. Pour le ministre de l’Agriculture, il s’agit d’inciter deux, trois, quatre agriculteurs à s’associer pour atteindre des objectifs environnementaux tout en étant efficaces sur le plan économique.
Le projet est séduisant mais devra sans doute éviter deux écueils.
D’une part le risque d’un outil trop compliqué. C’est ce qui avait handicapé en leur temps les CTE (Contrats territoriaux d’exploitation), mis au point par Bertrand Hervieux et appliqués par Jean Glavany. Ces CTE ont été un des outils les plus intéressants de la politique agricole française mais ils avaient pêché par une trop grande complexité. Ce qui n’avait pas empêché, cependant, certains de leurs plus ardents critiques d’en signer. En échange d’engagements à atteindre des objectifs environnementaux ou sociaux, l’agriculteur recevait une aide de l’Etat.
Le deuxième écueil est peut-être tout simplement l’absence d’envie de collectif dans l’agriculture. Depuis la grande période de l’émergence du mutualisme, un phénomène s’est produit : la réduction drastique du nombre d’agriculteurs. Phénomène qui implique l’éloignement les uns des autres. Là où ils pouvaient être dix, quinze par village, ils ne sont plus que cinq ou six, et encore. L’exploitant se concentre sur son entreprise. L’individualisme gagne. Les organisations agricoles, d’ailleurs, en témoignent. Il devient plus difficile de trouver des militants de syndicats, des administrateurs de coop ou d’autres. Il faudra être d’autant plus incitatif pour faire émerger le sens du collectif des agriculteurs. Il n’a pas disparu. Mais n’est-il pas plus rare ?
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