Quelle modernisation pour l’agriculture aujourd’hui, et qu’implique-t-elle pour les exploitations ? Tel était le thème du nouveau colloque organisé par l’association Farre (Forum de l’agriculture raisonnée) le 1er février à Paris. Le réseau d’agriculture raisonné s’interroge sur les impacts que peuvent avoir ces nouvelles technologies qui passent notamment par les fameuses start-up mais aussi par les instituts de recherche et instituts techniques. Avec un principe général : adopter une attitude positive à l’égard du progrès et des innovations.
« Il nous faut déverrouiller la porte du progrès », insiste le président de Farre, Luc Smessaert. C’est bien dans cet esprit que se tenait son colloque 2017 avec un titre « provocateur », selon son propre terme : « Le progrès est mort, vive l’innovation ». Le monde agricole est face ces deux dernières années, à une génération impressionnante d’innovations et d’entreprises, ces fameuses « start-up » qui investissent et portent ces nouvelles technologies. Elles passent en particulier par les techniques numériques et permettent d’améliorer l’efficacité du travail agricole, les conditions de distribution ou encore la qualité des produits alimentaires.
Les instituts techniques aussi
Cependant, il n’y a pas que les start-up comme le montrait de président de l’ITB (Institut technique de la betterave) à propos de son programme sur l’amélioration génétique de la betterave. Plusieurs intervenants posaient malgré tout la question sensible : le progrès technologique laissera-t-il beaucoup d’exploitants en route ? « L’innovation destructrice », comme l’affirmait l’économiste Schumpeter, détruira-t-elle beaucoup de savoir-faire et d’exploitations d’aujourd’hui ? Pour reprendre les termes de Luc Smessaert, « la mise en place de l’agriculture connectée, l’arrivée des robots dans les exploitations, les caméras de surveillance dans les étables, les drones annoncent-ils une nouvelle révolution agricole ou bien l’agriculture va-t-elle pouvoir prendre la main ? »
Demande des consommateurs
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Ces innovations ne se situent pas dans un contexte anodin mais au contraire de forte pression de la part des consommateurs, tour à tour méfiants ou demandeurs à l’égard des progrès technologiques, mais certainement demandeurs d’évolution. Une chose est sûre : « Il faut écouter les signaux faibles et anticiper sur les demandes des consommateurs, sinon d’autres pays innoveront avant nous » déclarait Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, prenant la parole à l’occasion du colloque Farre sur l’Innovation qui se tenait à Paris le 1er février.
À qui profite l’innovation ?
En tout cas, la rencontre Farre aura permis d’aborder les multiples facettes de la modernisation de l’agriculture. Encore faut-il que les investissements des agriculteurs aient un retour pour eux-mêmes et leur revenu, estimaient plusieurs participants. De l’avis unanime, le monde agricole a intégré, ces dernières générations, d’immenses progrès. Mais maintenant il faut l’expliquer et le faire savoir, affirmait un agriculteur Farre, Mickaël Jacquemin, lui-même ayant innové dans un site internet d’échange de parcelles agricoles. Son confrère, Thierry Lambert, éleveur, regrettait toutefois qu’une grande partie des agriculteurs « attendent le dernier moment pour adopter une innovation. » Il est vrai qu’une réelle méfiance s’est instillée dans la société à l’égard de l’innovation. Un travail de fond est à faire pour rendre les technologies de progrès plus « sexy ».