Abonné

Comment BASF joue la carte de l’agroécologie

- - 4 min

Le chimiste BASF a précisé le 14 mai sa feuille de route sur l’agroécologie pour les dix ans à venir. En France, le groupe vise une croissance de 2 points de parts de marché en protection des cultures d'ici 2030.

Une réorientation du business model est prévue pour que les semences, le biocontrôle, le digital pèsent au moins 15 % du chiffre d’affaires dans l’Hexagone en 2025, puis 30 % en 2030, ont expliqué les dirigeants de BASF France, lors d'une conférence de presse le 14 mai.

L’objectif à l’horizon 2030 est de « prendre plus de 2 points de parts de marché » national en protection des cultures. Cela signifie passer d’« environ 17,5 % » aujourd’hui à 20 % dans dix ans, a indiqué Nicolas Kerfant, DG de la division Agro de BASF France.

Réduction des intrants

Un des piliers de la stratégie consiste à réduire les intrants (phytos, engrais, eau) grâce à l’innovation. L’activité en phytos conventionnels est amenée à diminuer : sa part dans le chiffre d’affaires doit passer à 85 % maximum en 2025 et 70 % maximum en 2030. BASF mise sur les OAD (outils d’aide à la décision) et les itinéraires culturaux pour réduire les quantités de produits utilisées. Avec son outil digital Xarvio, le groupe veut contribuer aux objectifs du Contrat de solutions, alliant 42 partenaires du secteur agricole, qui vise 30 % de surfaces de blé (contre 10 %) pilotées par un OAD en 2021, et maintenir une baisse de 22 % de l’IFT (indicateur de fréquence de traitement).

La création de nouvelles semences est jugée prioritaire pour réduire les phytos et répondre au défi climatique via la séquestration du carbone. Cela passe par le développement de la gamme de blés hybrides. L’ambition est de devenir leader en blés innovants, avec la mise sur le marché de huit variétés tolérantes aux maladies d’ici à 2030.

Tripler la part d’activité en biocontrôle

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

biocontrôle
Suivi
Suivre

Jouer la carte de l’agroécologie, c’est aussi réduire les impacts des phytos. BASF, qui se présente en numéro deux du biocontrôle (en valeur, avec 14 % de parts de marché en 2019), veut développer ce type de solutions pour ses cultures stratégiques, à savoir blé, colza, vigne. Il s’agit de tripler la part du biocontrôle dans le chiffre d’affaires, au rythme de 5 % aujourd’hui puis 10 % en 2025 et 15 % en 2030.

BASF veut accompagner les agriculteurs dans la transition agroécologique. Un axe de travail est le développement d’itinéraires techniques culturaux comprenant des plantes de services, avec un enjeu de réduction des intrants, de développement de la biodiversité et de piégeage du carbone. Le groupe vise 20 % des hectares de colza associés à des légumineuses, intégrant au moins une solution BASF en 2025 ; 40 % avec au moins deux solutions BASF en 2030. Autre chantier : sensibiliser et former les techniciens de la distribution en vue de l’adoption du biocontrôle. 20 % d’entre eux doivent l’être en 2025 via la chaire Bio4Solutions de l’Ensaia de Nancy, 50 % en 2030.

Ouvrir les échanges avec les ONG

La stratégie agroécologique de BASF repose par ailleurs sur la co-construction avec ses partenaires. Cet automne, un comité de parties prenantes doit être créé, regroupant « un large panel d’acteurs et d’influenceurs du monde agricole ». Il aura un rôle consultatif et permettra de suivre l’avancement de la feuille de route agroécologique, émettre des avis et des recommandations sur les orientations stratégiques. Quatre parties prenantes l’intégreront d’ici à fin 2020, huit pour 2022, comprenant instituts de recherche, acteurs de l’aval, ONG. BASF Agro s’efforce depuis 2019 d’ouvrir le dialogue avec les ONG sur les phytos, leur impact sur l'environnement, la santé des agriculteurs, riverains et consommateurs, les solutions alternatives, la recherche. Dans cet esprit, « au moins une ONG » est prévue au sein du comité de parties prenantes d’ici à la fin de l’année.

Les phytos conventionnels baisseront à 70 % de part d’activité maximum en 2030