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AgroFinance 2010 Comment être plus compétitif

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Retrouver de la compétitivité là où elle s’est dégradée, adapter les stratégies des entreprises à un univers concurrentiel qui se durcit et obtenir des pouvoirs publics qu’ils aplanissent les handicaps que leurs propres décisions ont créés au fil du temps, tels sont quelques uns des leitmotivs entendus lors du 9e colloque AgroFinance. Ce nouveau rendez-vous entre industriels et financiers a battu tous les records d’affluence le 29 novembre au palais du Luxembourg et a permis à Philippe Rouault de présenter son tout récent diagnostic sur les facteurs de la compétitivité des industries alimentaires françaises. Et d’entendre en direct comment ses analyses pouvaient être confortées et ses recommandations diversement accueillies.

Le sénateur Jean Bizet a, dans son mot d’accueil, s’est étonné que le problème de notre compétitivité se pose même, maintenant, dans ce secteur agroalimentaire où la France a tant d’atouts. Mais « restaurer notre compétitivité, ce n’est pas s’administrer quelques sanctions ». Il y a en fait des sujets sur lesquels nous nous forgeons nos propres handicaps : le sénateur de la Manche est ainsi « plutôt amer » d’avoir plaidé pendant quinze ans pour la mise en place d’un brevet européen - une nécessité pour être un acteur majeur dans la mondialisation. Aussi fin janvier, il proposera d’aboutir dans le cadre des coopérations renforcées entre Etats-membres, un nouveau biais possible pour s’affranchir des oppositions de l’Espagne et de la Pologne en ce domaine.

Pour le sénateur Bizet, la « préférence communautaire » que le chef de l’Etat veut remettre en honneur n’a plus de signification économique mais seulement politique : ne faudrait-il pas alors l’appréhender comme le principe de réciprocité qui serait légitime pour refuser dans l’UE des produits sur lesquels ne pèsent pas les mêmes exigences qualitatives et environnementales que sur les produits européens ?
A propos du document préparatoire du commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, sur la Pac-post 2013, le sénateur prend quelque distance, estimant que la France ne devait pas accepter un « verdissement » de la Pac tel que cela mette toute l’agriculture européenne « un peu trop à part sur les marchés internationaux ».
En tant que co-organisateur d’AgroFinance aux côtés d’Agra alimentation, Hervé Lecesne, président du club AgroFood, a exprimé un point de vue de chef d’entreprise (il est p.-d.g. du groupe Nactis) en émettant quelques suggestions en faveur de la compétitivité des industries alimentaires françaises sur leurs différents marchés : tout d’abord obtenir des pouvoirs publics une réglementation qui limite la spéculation sur les matières premières (« les fonds spéculatifs désorganisent nos professions et sont pénalisants pour nos clients et nos consommateurs », a-t-il noté) ; que l’on invente des solutions de financement pour que les chefs d’entreprises qui manquent cruellement de fonds propres puissent continuer à faire grandir leur affaire sans se voir diluer ni risquer d’en perdre le contrôle ; et que les efforts d’unité qui doivent déboucher sur « une grande maison de l’alimentation » entre les organisations professionnelles existantes permettent aussi d’associer les organismes financiers qui viennent en appui du secteur agroalimentaire.

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