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Comment Fabaé veut gérer des réseaux de fermes agroécologiques

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Les co-fondateurs de Fabaé (de gauche à droite) : Thomas Binet, directeur général ; Marc Binet, agriculteur et responsable technique ; Florian Hug-Fouchet, responsable développement. Crédits : © Fabae

Fabae est une jeune start-up qui a pour ambition de développer et d'exploiter elle-même un réseau de fermes agroécologiques  bio, sols vivants, agroforesterie) et un réseau de magasins de proximité près des centres urbains.

Vous connaissiez La Ceinture verte, qui développe, finance et met à disposition des fermes agroécologiques dans le sud de la France, ou encore March5 qui veut développer un réseau de fermes agroécologiques « franchisées ». Découvrez Fabaé, une autre jeune société méridionale qui veut développer et exploiter elle-même un réseau de fermes agroécologiques (bio, « sols vivants », agroforesterie).

Pour réaliser son « projet agricole engagé », la société veut investir elle-même  et mise plutôt sur le salariat que l’installation de jeunes agriculteurs. « Nous nous adressons à cette population qui souhaite s’installer en agriculture sans prendre de risque financier », explique Thomas Binet, directeur général de Fabaé (à gauche ci-dessous), par ailleurs directeur d’un bureau d’étude environnemental (agriculture, mobilité…) qui a incubé le projet.

Les deux premières fermes Fabaé près de Bordeaux et dans le Lot-et-Garonne en 2023

Privilégiant la distribution en circuits courts et locaux, chaque réseau serait constitué d’un magasin à proximité d’un centre urbain, approvisionné par plusieurs fermes périurbaines et une exploitation rurale. Pour l’heure, deux exploitations doivent entrer en production d’ici 2023 : une première unité périurbaine à Bordeaux, sur plusieurs dizaines d’hectares, et une autre en cours d’acquisition dans le Lot-et-Garonne.

Ces exploitations devraient se concentrer pour l’instant sur du maraîchage, de l’arboriculture et du petit élevage (volaille). Le magasin complètera sa gamme auprès d’exploitations tierces. Objectif :atteindre un nombre de douze fermes dans les cinq ans.

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Le co-fondateur et actionnaire de Fabaé est l’entreprise française Vol-V, un ancien acteur important des installations d’énergies renouvelables (biomasse, photovoltaïque…) qui a récemment revendu certaines activités, pour se lancer notamment dans le capital-investissement. « Des fonds importants » ont été investis dans Fabaé qui permettront « de porter le projet durant plusieurs années ». L’entreprise Vol-V « apporte des expertises dans le développement et le financement de projets à impacts ambitieux et de long terme, explique Thomas Binet. L’objectif est de conjuguer nos compétences agricoles et la gestion de dossiers complexes ».

Retournement d'une prairie de 50 hectares en conservant la biodiversité de la zone humide

Beaucoup reste à faire. « Nous sommes en phase de conception de nos modèles », reconnaît Thomas Binet. « Il y a des défis agronomiques, organisationnels et sociaux ». Sur le plan agroécologique, un premier défi doit ainsi être relevé sur la première ferme de Bordeaux : reconvertir une prairie permanente de 50 ha de manière à cultiver « en conservant la biodiversité de la zone humide ».

Autre challenge : l’approvisionnement régulier des magasins, la maîtrise des coûts de production, la logistique… « Tout en étant attractif socialement, précise Thomas Binet. C’est important pour recruter, fidéliser. Nous voulons réenchanter le métier ». Des propos déjà entendus chez leurs homologues d'Hectar.