A l’occasion du SIAL, l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) a présenté plusieurs travaux de recherche. Un colloque sur la perception sensorielle et le comportement des consommateurs était organisé le 22 octobre en partenariat avec le ministère de l’agriculture et de la pêche et l’Ania. Des chercheurs se sont succédés pour exposer en particulier leurs résultats concernant l’influence du goût sur le comportement alimentaire des enfants.
L’Institut national de recherche agronomique, l’Ania et le Ministère de l’agriculture et de la pêche ont organisé conjointement un colloque sur le thème de la perception sensorielle à l’occasion du Salon international de l’alimentation. Des débats et des conférences se sont succédés pour essayer de comprendre plus précisément les facteurs qui déterminent notre rapport au goût. Nos préférences alimentaires sont-elles innées ou acquises ? Comment éduquer une génération au goût ? Mémorisons-nous les aliments que nous consommons ? Nos choix alimentaires sont-ils rationnels ? Les questions à débattre ont été nombreuses sous les éclairages apportés par des directeurs de recherche dont Sylvie Issanchou, Sophie Nicklaus, Pascal Schlich, Dr Léri Morin-Audebrand ou Pierre Combris avec un accent tout particulièrement mis sur l’éducation au goût chez les enfants.
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Le projet EduSens
Pascal Schlich, directeur de recherche à l’Inra et responsable du Laboratoire d’interface recherche-industrie-sensométrie (Liris) a notamment présenté les résultats du programme de recherche EduSens portant sur la compréhension des modes de consommation alimentaire chez les enfants pour mettre en place un cadre scientifique à l’éducation au goût. Face à la montée en puissance de l’obésité infantile et au peu de résultats des campagnes d’information nutritionnelle, l’éducation sensorielle apparaît comme une seconde chance pour améliorer les comportements alimentaires des enfants. Ce projet emprunte la voie ouverte par Jacques Puisais il y a trente ans lorsqu’il lançait les « Classes de goût », un programme d’une douzaine de leçons sur le goût dispensées par les instituteurs aux enfants de 7 à 10 ans. La philosophie du projet consistait à « apprendre à déguster pour mieux goûter les instants de la vie ». Pascal Schlich a voulu approfondir ces principes en testant deux autres contextes d’éducation au goût : la restauration scolaire et le milieu familial. Concrètement, des groupes d’enfants de 8 à 10 ans ont effectué des tests de préférences et de comportements alimentaires au Centre européen des sciences du goût à Dijon. Conclusion : « L’éducation sensorielle modifie effectivement les habitudes alimentaires dans le sens d’une plus grande volonté de manger des aliments au goût complexe ou des aliments inconnus et apporte aux enfants des capacités de description verbale des sensations perçues », résume Pascal Schlich. Néanmoins, la durée de ces effets n’est pas prouvée une fois que cette éducation prend fin, ce qui nécessiterait par conséquent un programme d’éducation au goût sur le long terme et pas seulement entre l’âge de 8 et 10 ans. A suivre donc.