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Comment l’Agtech française peut-elle lever 1 milliard d’euros par an dans les 5 prochaines années ?

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Cinq conditions doivent être remplies pour faire émerger des licornes de l'Agtech. Crédits : © Cyril Bonnel

  Selon le cabinet d'audit et de conseil aux entreprises KPMG, les start-up de l’Agtech peuvent à l’avenir mobiliser encore plus de fonds pour leur développement, au point qu’une ou plusieurs licornes pourraient apparaître et jouer le rôle de locomotive du secteur. Toutefois, KPMG souligne les conditions à remplir pour y arriver.

L’Agtech sera-t-elle la nouvelle coqueluche des investisseurs ? Le cabinet d'audit et de conseil KPMG et le fonds d’investissement Demeter ne sont pas loin de le penser, imaginant même que les start-up françaises de ce secteur pourraient mobiliser un milliard d’euros par an au cours de 5 prochaines années. Et une ou plusieurs licornes de l’Agtech hexagonale, ces sociétés valorisées à un milliard de dollars, pourraient voir le jour.

Toutefois, plusieurs conditions doivent être remplies. « On a déjà des leaders parmi les start-up de l’Agritech, mais on attend rapidement des licornes », avance Roger Averbuch, responsable du secteur agroalimentaire chez KPMG, à l'occasion d'une présentation faite sur le stand de La Ferme Digitale lors du Salon international de l'agriculture le 1er mars 2023. « Nous avons besoin de noms qui apportent de la visibilité et de la confiance à chaque étape de la chaîne de valeur », souligne de son côté Cyrille Cabaret, partner au sein de la société d’investissement Demeter, spécialiste des secteurs agricole et alimentaire.

« Il faut augmenter le nombre de fonds dédiés et de spécialistes du secteur dans les fonds et l’écosystème d’investissement », indique KPMG dans sa présentation. « L’enjeu, c’est d’avoir en France des spécialistes capables d’accompagner les sociétés à chaque étape de leur développement, car aujourd’hui ce sont surtout des acteurs étrangers qui le font », renchérit Roger Averbuch. Un avis partagé par Cyrille Cabaret qui rappelle le projet de Demeter, qui depuis 2018, a décidé de soutenir l’innovation dès l’amont agricole. Aujourd’hui, la société d’investissement a décidé d’aller plus loin en finançant les start-up ayant passé les premières étapes de leur développement.

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Les grandes entreprises ont un rôle à jouer

Les leaders de l’agroalimentaire doivent jouer un rôle plus actif dans le soutien aux start-up. « Les grands groupes sont peu impliqués mais on pense que cela peut changer, surtout sur les sujets d’internationalisation », prévoit Roger Averbuch. La capacité d’une start-up à prouver que son modèle peut être déployé à très grande échelle, européenne ou mondiale avec « l’idée de changer le monde », comme le souligne Roger Averbuch, est un élément important pour une grande entreprise implantée à l’échelle mondiale. Et l’implication d’une grande entreprise aux côtés d’une start-up est un élément de réassurance pour les investisseurs.

Il faut aussi trouver les moyens d’expliquer aux investisseurs le temps plus long exigé par le développement des innovations dans le secteur agricole, comparé à d’autres secteurs comme la finance ou les nouvelles technologies. « Une start-up de l’Agtech peut poser des jalons comme le dépôt d’un brevet ou l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché qui sont des vecteurs de valeur et créent des barrières à l’entrée pour les concurrents », explique Cyrille Cabaret, qui compare les secteurs agricole et médical, qui exigent tous deux des temps longs avant d’aboutir à la mise sur le marché d’une solution.

Enfin, selon KPMG, une amélioration du cadre réglementaire est importante pour faciliter l’émergence de licornes, cadre auquel les start-up doivent aussi d'adapter, en se faisant accompagner ou en se dotant d'un chargé du réglementaire dès les premières étapes du développement.