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Comment Les Paniers de Léa surmontent la Covid-19

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Spécialiste de la distribution en circuit court des produits de la ferme, la TPE nordiste Les Paniers de Léa fait face à une forte baisse de son activité BtoB suite à la Covid-19. Elle se relance en BtoC, en proposant des plateaux-repas et en développant des solutions de distribution automatisée en entreprise.

Faire preuve de résilience ! C’est ce qu’est en train de vivre Les Paniers de Léa, TPE de 17 salariés (10 en alternance), créée à Lille en avril 2010 par Bastien Dognin et Olivier Hirel (ce dernier a quitté la société en avril 2020). À l’origine, elle propose des paniers de fruits et légumes, provenant du circuit court, qu’elle vend à des salariés en entreprise via un réseau de vendeuses à domicile d’où le nom de la société. "Auparavant, j’étais contrôleur de gestion dans le prêt-à-porter et Olivier, responsable achat à la coopérative agricole du Marché de Phalempin. Je voulais créer une entreprise qui a du sens", explique Bastien Dognin. Grâce à l’expérience d’Olivier Hirel, l’entreprise se crée rapidement un réseau d’une cinquantaine de fournisseurs et producteurs locaux et régionaux dans les fruits et légumes, les produits laitiers, la charcuterie, la viande et les produits élaborés. Mais les débuts ne sont pas faciles, notamment pour atteindre le seuil de rentabilité. Au bout de deux ans, l’opportunité de travailler pour l’antenne locale d’EDF va aider la jeune pousse à se développer. "EDF nous a commandé des paniers pour améliorer la qualité de vie au travail de ses salariés. Et nous avons réussi à démarcher d’autres entreprises", poursuit Bastien Dognin. De fil en aiguille, Les Paniers de Léa proposent d’autres prestations, comme des ateliers de cuisine, des petits-déjeuners… L’activité se développe au sein d’un réseau qui compte désormais 1 400 entreprises, dont 300 régulières. Le chiffre d’affaires passe de 750 K€ en 2017 à 1 M€ en 2019, dont 60 % grâce à la vente des paniers et 40 % pour les prestations de services. "Malheureusement, la Covid-19 avec le développement du télétravail et la fermeture des entreprises a tout stoppé ou presque, notre activité chutant de 25 % en 2020", déplore Bastien Dognin.

Casiers automatisés et plateaux-repas

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Pour rebondir, la société lance, en septembre dernier, une activité de plateaux-repas élaborés avec Stéphane Lefèvre, chef du restaurant La Cense de Lambersart, et destinés aux salariés en télétravail (formule entrée, plat et dessert à 22 €). "Nous en avons livré 2 000 en novembre et décembre", poursuit-il. Pas suffisant toutefois pour sortir de l’ornière. Parallèlement, elle lance, en BtoC, la livraison de paniers de fruits et légumes dans une quinzaine de points de retrait dans la métropole lilloise dans une logique d’antigaspi pour soutenir les producteurs locaux et pour un prix accessible (abonnement de 9,90 € par semaine). "Actuellement, nous avons 250 commandes par semaine et ça monte tout doucement en puissance", reconnaît le dirigeant. Enfin, suite à un partenariat avec Le Casier Français d’Ennevelin (métropole lilloise), société créée par des maraîchers et qui a développé, l’été dernier, une solution de distribution automatisée des produits de leur ferme, Les Paniers de Léa viennent d’installer un premier container de quinze casiers au siège de Décathlon à Villeneuve d’Ascq. Et d’autres projets sont à venir, selon Bastien Dognin, qui juge qu’il est encore trop tôt pour en parler.